La politique familiale va devenir "une variable d'ajustement", selon le leader de la CGT

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La politique familiale va devenir "une variable d'ajustement", selon le leader de la CGT
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Le pacte de responsabilité prévoit de mettre fin aux cotisations familiales pour les entreprises d'ici trois ans.

Salué par la Commission européenne, la Banque de France ou encore l'OCDE, le Pacte de responsabilité de François Hollande est vivement critiqué ce lundi par le Secrétaire général, Thierry Lepaon, dans les colonnes du journal 'Le Monde'. Il émet un jugement particulièrement sévère sur la fin des cotisations patronales pour les entreprises et les indépendants d'ici 2017, estimant que cette décision est "un cadeau au patronat". Fin de l'accès égalitaire à un droit ? "C'est la première fois dans notre histoire qu'un président de gauche touche au socle du financement de la protection sociale issu du Conseil national de la résistance. Pour lui, le travail ne peut plus payer le hors travail", poursuit-il. Le patron de la CGT ne cache pas son inquiétude quant à l'avenir de la politique familiale, malgré le discours qui se veut rassurant de la ministre de la Santé, Marisol Touraine. "Elle servira de variable d'ajustement et ne garantira plus un accès égalitaire à un droit. C'est un bouleversement sans précédent, sans aucune concertation et sans aucun débat", s'insurge-t-il. Une concertation...déjà concertée ? Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault doit entendre les partenaires sociaux le 27 janvier prochain, pour évoquer les conditions de mise en oeuvre de ce pacte de responsabilité. Il lancera ensuite les Assises de la fiscalité et des discussions sur le financement de la protection sociale et de la fiscalité des ménages. Thierry Lepaon a cependant le sentiment que François Hollande leur "propose une participation active à des décisions qu'il a déjà prises". "Là, dans les trois groupes de travail qu'il veut mettre en place, il y a des patrons à la barre, à égalité avec les parlementaires! On a le sentiment que le premier ministre, c'est Pierre Gattaz (patron du Medef, ndlr)", martèle-t-il.