La perte du triple A "serait totalement injustifiée" pour Henri Guaino

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La perte du triple A "serait totalement injustifiée" pour Henri Guaino
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Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy affirme que "la France ne présente aucun risque de défaut sur sa dette".

Alors que les agences de notation menacent de priver la dette de la France de sa note maximale " AAA ", Henri Guaino juge qu'une telle " dégradation serait totalement injustifiée ". Dans un entretien publié ce matin par 'Les Echos', le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy affirme que "la France ne présente aucun risque de défaut sur sa dette. Certes, il y a le risque de l'Euro et l'Etat est très endetté, mais les Français sont parmi les ménages qui épargnent le plus au monde ". Il souligne aussi que " contrairement à des pays comme la Grèce et l'Italie, l'Etat est fort, l'impôt est payé et le gouvernement fait preuve de détermination pour assainir ses finances". Pour lui, "il faut absolument éviter de laisser le doute s'installer (sur la capacité de la France à rembourser, car) le doute nourrit le doute et fait monter les taux", entraînant une "spirale infernale". Le conseiller du président oppose par ailleurs une fin de non recevoir à la proposition de l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit de négocier une sortie de crise avec tous les partis politiques. "Comment faire l'union nationale autour de la crise avec des responsables politiques qui ne cessent de clamer que la crise n'est qu'un prétexte ? " s'interroge M. Guaino... Concernant le rôle des agences de notation, il considère que "c'est tout le système qu'il faut remettre à plat : le rôle des banques, la comptabilité aux prix des marchés...". Il ne voit pas l'utilité d'une agence de notation européenne, et juge que les "agences ne sont qu'un rouage d'un système financier qui marche sur la tête, où la moindre prévision, qu'elle soit fondée ou non, est auto-réalisatrice". Henri Guaino estime que la présidence actuelle s'efforce de créer les conditions d'un retour en France de la production, avec la création d'Oséo, du FSI, du crédit d'impôt recherche, ainsi que le lancement du grand emprunt, la suppression de la taxe professionnelle et l'instauration de médiateurs du crédit et de la sous-traitance... Il reconnaît toutefois que " la crise, en mettant beaucoup d'entreprises en difficulté, a masqué les effets de cette révolution, car cela en est une ".