La grande conférence sociale s'annonce tendue

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La grande conférence sociale s'annonce tendue
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Le patronat menace de ne pas s'y rendre. Dans ce cas, le Pacte de responsabilité pourrait être remis en cause, selon la CFDT.

A une semaine de la conférence sociale (7 et 8 juillet), la tension monte alors que le patronat menace de ne pas s'y rendre. Une absence qui remettrait en cause l'existence du Pacte de responsabilité, selon la CFDT. FO et la CGT réclament pour leur part, une toute autre politique économique. Le patronat menace de ne pas venir Dans un plaidoyer pour les entreprises adressé au président de la République, le leader de la CGPME, Jean-François Roubaud, fait part de l'exaspération des petites entreprises face au "matraquage fiscal" dont elles sont victimes. "Les discours lénifiants sur la baisse des charges ou les simplifications administratives restent virtuels (...) à l'inverse les mesures anti entreprises pleuvent comme autant de mauvaises nouvelles annonciatrices d'une tempête", déplore-t-il. Si la Conférence sociale ne prend pas en compte les demandes des TPE/PME, ce dernier menace de "suspendre les travaux avec le gouvernement" comme l'ont fait les chambres de commerce et de l'industrie. Le Medef, s'est lui aussi interrogé sur "l'intérêt de participer à la conférence sociale". L'organisation proteste contre l'application à partir du 1er janvier 2015 d'un dispositif de compensation pour les salariés exposés à des travaux pénibles, financé par une taxe patronale, malgré des ajustements apportés par le gouvernement. Elle juge les décrets "mal rédigés" et "inapplicables". Pacte de responsabilité en danger ? Du côté des syndicats, la CFDT estime pourtant que la non participation du patronat à cette conférence pourrait remettre en cause le Pacte de responsabilité, "qui doit permettre de recréer des marges pour les entreprises, en contrepartie de la création d'emplois". "Si le patronat ne vient pas (...) il faudra y mettre fin", a estimé son secrétaire général, Laurent Berger, ce matin sur RTL. De son côté, la CGT qui s'est toujours opposée au Pacte, estime qu'il y a "urgence sociale", alors que le nombre de demandeurs d'emplois ne cesse de progresser. Les mesures de lutte contre le chômage sont mises en oeuvre "à budget constant"." Il n'y a pas un sou pour aider les salariés les plus en difficultés mais 30 milliards d'euros sont accordés aux entreprises sans contrepartie pour les salariés (baisses de charges prévues par le Pacte, ndlr)", estime l'organisation. "Au lieu d'un 'pacte de responsabilité' (...) c'est un changement de politique macroéconomique tant au niveau européen et national que revendique FO, axé sur la relance de la consommation et du pouvoir d'achat", écrit pour sa part Force Ouvrière.