La France n'atteindra pas les 3% du PIB fin 2013, selon la Cour des comptes

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La France n'atteindra pas les 3% du PIB fin 2013, selon la Cour des comptes
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Notamment en raison d'un objectif de croissance trop ambitieux...

Après la Commission européenne, c'est au tour de la Cour des comptes de mettre le gouvernement en garde contre ses objectifs de réduction du déficit, dans son rapport annuel sur les finances publiques, publié ce mardi et remis au président de la République, François Hollande. Objectifs trop ambitieux Bercy, vise un déficit ramené de 4,5% en 2012 à 3% fin 2013. Un objectif inatteignable selon la Cour. Cette projection repose en effet sur une prévision de croissance de +0,8%, jugée optimiste par bon nombre d'analystes. "La prévision pour 2013 sera réévaluée dans le cadre de la préparation du programme de stabilité, qui sera transmis au Parlement à la mi-avril", déclare cependant le ministre de l'Economie, dans sa réponse transmise à la Cour, "les incertitudes économiques restant nombreuses". Or, "une révision à la baisse de 0,5 % du PIB en volume, par exemple, entraînerait une hausse d'environ 0,25 point de PIB de la prévision de déficit public pour 2013", mettent en garde les auteurs du rapport... Maîtriser la dépense Dans ce contexte, le gouvernement n'a d'autre choix que de réduire davantage ses dépenses. Car si la Cour salue l'effort réalisé en 2012 - au total de 1,4 point de PIB, "jamais réalisé depuis les années 1994 et 1996" - elle note qu'il est "déséquilibré entre l'effort sur les recettes (1,1 point, soit 32 milliards d'euros) et les dépenses (0,3 point, c'est à dire 6 milliards d'euros)". "La priorité absolue" est donc d'engager sans tarder, les réformes nécessaires dans l'ensemble des administrations publiques "pour se rapprocher d'une stabilisation en volume des dépenses", fait valoir la Cour. Bercy répond que le travail est déjà engagé et que "l'effort d'économie en dépenses en 2013 est plus important que ne le laisse entendre la Cour". Il rappelle par ailleurs, citant un rapport du FMI, qu'en temps de crise, "il est justifié économiquement de faire porter la majorité de l'effort de redressement sur les recettes". En outre," l'amélioration de la conjoncture économique permettra de faire porter l'essentiel de l'effort de redressement sur les dépenses à partir de 2014. Comme le note la Cour, l'effort sur les dépenses sera ainsi supérieur à l'augmentation des prélèvements obligatoires sur la période 2012-2017 (2,7 points de PIB contre 2,1 points, ndlr)", conclut-il...