La Bretagne attend les annonces de Stéphane Le Foll sur l'écotaxe

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La Bretagne attend les annonces de Stéphane Le Foll sur l'écotaxe
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Le ministre de l'Agriculture doit présenter ses pistes d'aménagement aujourd'hui...

Les manifestations se sont poursuivies ce week-end en Bretagne, contre l'écotaxe poids-lourds, promise pour le gouvernement pour le 1er janvier 2014. Des pneus et des ballots de paille ont été incendiés à proximité du portique de Pont-de-Buis, le dernier encore debout dans le Finistère, les deux autres ayant été sabotés ces derniers mois. Une partie des manifestants étaient coiffés de bonnets rouges en référence à la "révolte du papier timbré", un mouvement breton de contestation contre des taxes imposées en 1675 par Colbert pour renflouer les finances royales. Les agriculteurs, mais aussi les transporteurs et d'autres acteurs économiques ont déjà prévenu qu'ils ne lâcheraient rien. "Toutes les semaines on a un impôt nouveau, on vit une désespérance alors que cela fait quarante ans qu'on se bat", a déclaré à Reuters Jean-Pierre Le Verge, exploitant agricole à la retraite et ancien président de Breizh Europe, un organisme qui défend les intérêts bretons à Bruxelles. Corriger les effets et les difficultés Les opposants réclament l'ajournement d'une mesure qui pénaliserait selon eux un secteur en difficulté, sur fond de multiplication des faillites dans le secteur agroalimentaire local. Voté par la majorité précédente dans le cadre du Grenelle de l'environnement mais jamais mis en oeuvre, ce prélèvement s'adresse aux transports de plus de 3,5 tonnes. Le mouvement est populaire : près de 75% des Bretons se disent opposés à cette taxe, selon un sondage Ifop pour 'Dimanche Ouest-France', publié samedi. Le gouvernement français a maintenu au 1er janvier la date d'entrée en vigueur de l'écotaxe, mais réfléchit à des adaptations pour en corriger les effets. Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a indiqué dimanche qu'il remettrait dès lundi des propositions au Premier ministre dans un souci "d'attention maximum" à une société française "dont il faut garder l'unité". "Le Premier ministre m'a demandé de faire des propositions pour essayer d'améliorer et de corriger les effets et les difficultés", a-t-il déclaré sur France 5. Interrogé sur la possibilité que le gouvernement aille au-delà de l'abattement de 50% déjà prévu pour la Bretagne, il a répondu que c'était une "piste de réflexion".