La BCE chercherait à devenir moins dépendante des agences de notation

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La BCE chercherait à devenir moins dépendante des agences de notation
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Elle serait en train de plancher sur la possibilité d'évaluer elle-même la valeur des obligations souveraines, lorsqu'elles sont employées comme garanties...

Depuis le début de la crise de la dette en Europe, l'influence des agences de notation s'est nettement renforcée au point de provoquer la colère de certains responsables politiques. Si un projet d'agence européenne est toujours à l'étude, la BCE réfléchirait à une solution à moyen terme. Elle serait en train de plancher sur la possibilité d'évaluer elle-même la valeur des obligations souveraines, lorsqu'elles sont employées comme garanties ("collatéraux"). Et pour venir en aide le plus rapidement possible à l'Espagne, la BCE envisagerait d'élargir à nouveau la gamme de collatéraux que ses dernières peuvent présenter, d'après des sources interrogées par Reuters. Car tout au long de la crise, la banque centrale européenne a assoupli ses exigences de "collatéral", afin que les banques en grande difficulté puissent se financer auprès d'elle plus aisément. Une technique jugée dangereuse par certains, à l'image de l'Allemagne. Selon une source de la banque centrale, elle pourrait appliquer une grille de décotes aux différentes obligations soumises en tant que collatéral. Actuellement, la BCE accepte des obligations d'Etat comme garantie à leur valeur du marché moins une décote allant de 0,5% à 8,5% en fonction de la durée restant avant l'échéance de l'emprunt, à condition qu'au moins une des trois grandes agences de notation accorde au pays une note supérieure ou égale à A-. Lorsque la note tombe sous ce seuil, la BCE applique une décote supplémentaire de 5%. Les obligations d'Etat grecques et portugaises sont déjà soumises à une telle décote. Pour cela la BCE devrait constituer sa propre équipe d'experts, garantissant leur indépendance.