La Banque mondiale fustige la "réponse catastrophiquement inadéquate" à Ebola

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La Banque mondiale fustige la "réponse catastrophiquement inadéquate" à Ebola
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Plus de 1.500 décès ont été enregistrés en Afrique de l'Ouest et 3.000 personnes sont contaminées en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia.

Plus de 1.500 décès en Afrique de l'Ouest et 3.000 personnes contaminées en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia... Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim dénonce dans un entretien accordé au 'Washington Post' la "réponse catastrophiquement inadéquate" apportée par le monde à l'épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest. "La crise qui se déroule sous nos yeux est moins liée au virus lui-même qu'à des préjugés mortels et mal informés qui ont conduit à une réponse catastrophiquement inadéquate à l'épidémie", affirme-t-il. Selon lui, si Ebola "avait touché Washington, New York ou Boston, il ne fait aucun doute que les systèmes de santé auraient circonscrit puis éliminé le virus". Très alarmiste, l'OMS estime que le virus pourrait au final infecter 20.000 personnes de plus. "Un nombre inutilement élevé de personnes en meurent", ajoute Jim Yong Kim dans cette tribune co-écrite avec un professeur de l'Université de Harvard, Paul Farmer. Les deux hommes ont créé Partners In Health, une fondation qui se consacre à l'amélioration de la santé dans les pays pauvres. L'avenir de la région en jeu Ils estiment que le très mauvais état des systèmes de santé publique a exacerbé la gravité de l'épidémie. Le Liberia, un des trois pays les plus touchés, ne comptait ainsi que 50 docteurs pour une population de 4,3 millions d'habitants avant la flambée épidémique, et de nombreux employés du secteur de la santé ont succombé à la maladie. Jim Yong Kim et Paul Farmer estiment que si les pays riches et les organisations internationales mettaient sur pied une réponse coordonnée avec les nations ouest-africaines basée sur les recommandations de l'OMS, le taux de mortalité du virus pourrait chuter à 20%, contre 50% aujourd'hui. L'OMS a dévoilé la semaine dernière un plan d'action qui nécessiterait près de 490 millions de dollars (370 millions d'euros à) pour mettre fin à l'épidémie. Ce plan comprendrait l'implication de personnel de santé par milliers et d'environ 750 experts internationaux. "Nous sommes à un moment dangereux. Des dizaines de milliers de vie, l'avenir de la région et les avancées difficilement obtenues de l'économie et de la santé de millions d'autres sont en jeu", écrivent-ils.