La banque Dexia pourrait être démantelée

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La banque Dexia pourrait être démantelée
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L'établissement franco-belge connaît de grandes difficultés de refinancement...

Les temps sont durs pour Dexia, dont le cours de Bourse a fondu à 1,30 euro lundi, après une chute dépassant 10%, portant son passif depuis le 1er janvier à -47%. Le Conseil d'administration a fait le point lundi sur les graves difficultés de refinancement de la banque franco-belge spécialisée dans les prêts aux collectivités locales. A l'issue de cette réunion, le conseil a estimé que la "taille du portefeuille d'actifs non stratégiques pèse structurellement sur le groupe en dépit de la bonne qualité de crédit de ses actifs". L'administrateur délégué Pierre Mariani a ainsi été mandaté pour "préparer, en concertation avec les Etats et les autorités de contrôle, les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes structurels qui pénalisent les activités opérationnelles du groupe et ouvrir de nouvelles perspectives de développement à ses franchises commerciales historiques en Belgique et en France". Derrière cette formulation générale, se profilerait de fait un démantèlement de la banque, selon les proches du dossier et la presse du jour. 'Le Point' évoque sur son site Internet une "vente à la découpe" et 'Le Figaro' annonce une "liquidation ordonnée"... Ainsi, dans un premier temps, le portefeuille obligataire de Dexia, qui frôle les 100 Milliards d'Euros, serait placé dans une structure de 'défaisance' ("bad bank"). Pour refinancer ce portefeuille, la banque est contrainte de mobiliser des montants très élevés d'actifs comme garanties collatéral, ce qui plombe ses autres activités. La structure de cantonnement prévue devrait bénéficier de la garantie des Etats français et belges, actionnaires du groupe : "les Etats actionnaires ont confirmé leur volonté de soutenir le Groupe Dexia, pour qu'il puisse mettre en oeuvre ces différentes mesures de façon ordonnée et dans les meilleures conditions", précise le communiqué de la banque. Quant aux actifs stratégique de Dexia, à savoir son portefeuille de prêts aux collectivités locales, leur avenir devrait passer par une cession ou un adossement à la Banque Postale et à la Caisse des Dépôts et Consignations, une hypothèse sur laquelle les différents protagonistes travaillent depuis plusieurs semaines, et qui a été évoqué récemment dans la presse économique. D'autres actifs non stratégiques, comme la banque turque Denizbank devraient être cédés ainsi que, sans doute, la branche de banque de détail de Dexia en Belgique, appuyée sur le Crédit communal de Belgique, un établissement fondé il y a plus de 150 ans... Certains actifs, comme les filiales de financement des collectivités locales Crediop en Italie et Sabadell en Espagne seront néanmoins difficiles à vendre dans le contexte actuel... Dexia était déjà passé près de la défaillance il y a trois ans, dans le sillage de la crise des "subprimes", et avait bénéficié d'un plan de sauvetage des Etats français et belge. Depuis, le groupe avait redressé la barre en cédant pour 80 MdsE d'actifs obligataires, en réduisant son bilan de 651 MdsE à 518 MdsE et en diminuant son besoin en financement à court terme de 164 MdsE. Mais l'aggravation de la crise des dettes publiques en Europe et la rapide dégradation des conditions de marché depuis mai dernier ont à nouveau mis une pression insoutenable sur les conditions de refinancement de la banque... Depuis la semaine dernière, les agences de notation Fitch et Moody's ont tiré la sonnette d'alarme, craignant que Dexia ne soit confrontée une grave crise de liquidité.