L'UMP se prépare à une cure d'austérité

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L'UMP se prépare à une cure d'austérité
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Le premier parti de l'opposition était endettée à hauteur de 74,5 millions d'euros à la fin juin.

L'UMP en sait désormais plus sur sa situation financière : les comptes dévoilés mardi au cours du bureau politique du parti montrent une dette de 74,5 millions à la fin juin, en léger repli par rapport aux 79,1 millions enregistrés à la fin de l'année dernière. L'audit, mené par le cabinet Advolis, indique que le financement des pertes accumulées sur les derniers exercices a contribué à hauteur d'environ 40 millions d'euros à la dette. Le solde (39,1 millions d'euros) provient de l'emprunt contracté pour l'achat du siège du parti dans le XVe arrondissement de Paris. Les 40 millions d'euros "sont en grande partie liés aux dépenses importantes réalisées en 2012 au moment de l'élection présidentielle", a déclaré Alain Juppé, membre du triumvirat porté à la tête de l'UMP avec Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, après la démission de Jean-François Copé. Ce dernier a en effet été contraint à quitter son poste après la découverte d'un système présumé de fausses factures émises par la société Bygmalion, d'un montant de 11 à 17 millions d'euros selon les sources, durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 pour couvrir des dépassements de frais. Cure d'austérité L'UMP est par ailleurs à la tête d'une trésorerie positive de 8,4 millions d'euros à fin juin, et espère ramener sa dette à 55 millions d'euros d'ici 2017. L'UMP pourra-t-il survivre ? "Oui, à condition de remplir un certain nombre d'exigences qui vont être évidemment fortes", a répondu Alain Juppé. Il préconise notamment de renflouer les caisses via les cotisations des membres du parti et par leurs dons. Au 30 juin,143.000 adhérents étaient à jour de cotisation, soit "85%" du nombre espéré en 2014, l'objectif étant une progression de 5% en 2015. L'audit conseille par ailleurs de limiter les dépenses de fonctionnement à 15 millions d'euros par an, soit 20% de moins qu'en 2013, et le co�"t de"l'animation politique" - meetings et autres - sur toute la période à 19,2 millions d'euros. Un pari difficile pour l'UMP qui doit préparer son congrès pour l'automne, afin de désigner un nouveau leader, mais aussi des primaires en 2016, en amont de la présidentielle. Le parti cherche par ailleurs à repousser certaines échéances, et une réunion avec plusieurs représentants de banques s'est ainsi tenue mardi en milieu d'après-midi autour de Luc Chatel, secrétaire général de l'UMP. Le parti a déjà obtenu un report du remboursement du capital jusqu'à fin juin 2017 et ne paie aujourd'hui aux banque que les intérêts, ce qui lui permet de ne pas dépenser 2,7 millions.