L'UFC Que choisir dénonce le monopole des pharmacie sur l'automédication

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L'UFC Que choisir dénonce le monopole des pharmacie sur l'automédication
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Il entraîne d'importants écarts de prix, un manque de lisibilité et ne s'accompagne pas toujours de bons conseils...

Les pharmacies, qui ont le monopole sur la distribution de médicaments sans ordonnance (automédication) prodiguent-elles de bons conseils et assurent-elles le meilleur rapport qualité/ prix ? La réponse de l'UFC que Choisir, qui a mené son enquête est sans appel : manque de transparence, conseils souvent déficients, et hausses des prix injustifiées... Premier constat tiré par l'association de consommateurs : depuis 1998, les médicaments à prix libres ont bondi de 47,8% alors que les prix administrés ont diminué de 24%. Ces trajectoires opposées s'expliquent en partie par la place croissante des génériques mais pas seulement. Si depuis 2008, les pharmaciens peuvent vendre des médicaments en accès direct, "devant le comptoir" afin de rendre les prix plus lisibles et de laisser le choix au consommateur, ces espaces de vente restent largement consacrés aux produits de parapharmacie. Pour ceux situés derrière le comptoir, l'association révèle que les prix sont clairement visibles dans seulement 53% des cas. "L'abandon par les pouvoirs publics de leur fonction de régulation" explique également les trajectoires inversées. Au cours des 10 dernières années, près de 400 médicaments ont été déremboursés en raison de leur efficacité jugée insuffisante, laissant aux acteurs de la filière le droit de fixer leurs prix librement et de l'indiquer aux clients dans la pharmacie, rappelle l'UFC. Or, l'enquête révèle que dans 89% des cas, cette affichage est inexistant. Cette libre tarification entraîne par ailleurs d'importants écarts puisque pour le même médicament (UPSA Vitaminée), les prix relevés dans les officines testées varient de 1,30 euro à 4,95 euros. "Cette hétérogénéité tarifaire, non corrélée à des fondements économiques objectifs, tient à l'opacité dans laquelle est maintenu le consommateur", regrette l'association. Pour tester la qualité du conseil des pharmaciens auprès d'officines de 17 territoires du pays, l'enquêteur de l'association avait pour mission d'acheter deux médicaments - pour état grippal - incompatibles en raison des risques que leur combinaison peut entraîner. Dans 48% des cas, le pharmacien n'a pas formulé de mise en garde spontanément. Par ailleurs seule une officine sur quatre a indiqué la posologie maximale à suivre et dans 45% des cas, celle-ci n'était pas correcte. Le monopole des officines sur l'automédication fait figure d'exception en Europe. L'association de consommateurs invite les pouvoirs publics à s'inspirer de nos voisins en libéralisant et en encadrant la distribution de ces médicaments, via les parapharmacies et les grandes surfaces, "à la condition que la vente se fasse constamment sous la surveillance effective d'un pharmacien".