L'UFC dénonce la qualité de la distribution d'électricité en France

  • A
  • A
L'UFC dénonce la qualité de la distribution d'électricité en France
Partagez sur :

Les Parisiens supportent en moyenne 20 minutes de coupure par an, ceux habitants du Morbihan patientent 195 minutes...

Tension sur la qualité de la distribution d'électricité en France ? L'UFC-Que Choisir monte une nouvelle fois au créneau dans une étude qui dénonce une France à deux vitesses. L'association de défense des consommateurs révèle d'abord une inégalité entre régions en ce qui concerne les pannes de courant. Si les Parisiens "supportent en moyenne 20 minutes de coupure par an, les habitants du Morbihan en subissent près de 10 fois plus : 195 minutes. Pire, certains départements, parfois les plus touchés (Morbihan, Loire-Atlantique) voient leur temps de coupure augmenter depuis 4 ans", écrivent les auteurs de ce document. La qualité de distribution du réseau est également remise en cause : "entre 1992 à 2004, les investissements dans le réseau ont baissé de 50% entraînant un vieillissement prématuré des installations avec pour conséquence directe la hausse des coupures", explique l'UFC.  Depuis, 826 millions d'euros d'investissements ont été réalisés, contre besoin estimé à 2 milliards d'euros par an d'ici 2020. Moins d'indemnités en cas de coupure L'UFC explique ce sous-investissement par la faiblesse du dispositif de bonus/malus de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) "qui se base principalement sur une moyenne nationale du temps de coupure sans prise en compte des disparités territoriales". En 2011, ERDF, le distributeur de l'électricité en France, a ainsi obtenu un bonus de 7,5 millions d'euros malgré la "fracture territoriale" dénoncée par l'UFC. Par ailleurs, la compensation en cas de coupure de courant est jugé trop faible. En France, elle s'élève en effet à moins de 10 euros pour 48 heures de coupure continue, alors que les Italiens ou les Suédois touchent des indemnisations 10 à 15 fois supérieures sur un temps comparable. L'association demander donc "une plus grande transparence des gestionnaires de réseaux sur l'information diffusée, notamment la fréquence des coupures ou la régularité de la tension délivrée". Elle réclame aussi des mécanismes "véritablement incitatifs" pour améliorer la qualité d'alimentation et reconnaître le préjudice réel subi par les consommateurs.