L'opération sur les chaînes de Bolloré dans le collimateur de l'Autorité de la Concurrence

  • A
  • A
L'opération sur les chaînes de Bolloré dans le collimateur de l'Autorité de la Concurrence
Partagez sur :

"Des doutes sérieux d'entraves à la concurrence" planent sur le rachat de Direct 8 et Direct Star...

Le rachat de Direct 8, Direct Star, Direct Productions, Direct Digital et Bolloré Intermédia par Canal + et Vivendi s'annonce compliqué. C'est en tout cas le message que fait passer aujourd'hui, via un communiqué, l'Autorité de la Concurrence quand elle évoque "des doutes sérieux d'entraves à la concurrence" concernant l'opération, qui la poussent à ouvrir une enquête approfondie. "Groupe Canal Plus, qui est aujourd'hui le principal opérateur français de télévision payante, étendra ses activités à la télévision gratuite par le biais de la présente acquisition. L'opération se traduit également par un renforcement de l'intégration verticale des activités de Groupe Canal Plus", argumente le régulateur en première approche. Actuellement, "les engagements proposés par Canal Plus ne suffisent pas à lever les risques d'atteinte à la concurrence identifiés à ce stade de la procédure". Au cours de l'examen approfondi, l'Autorité consultera pour avis, conformément à ce que prévoient les textes applicables, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Elle procèdera également à une consultation élargie des acteurs du marché. Le délai normal d'une phase 2 est de 65 jours, mais il peut être allongé si la complexité du dossier le justifie. Une annonce qui confirme que Vivendi et ses filiales ne sont pas en odeur de sainteté à l'heure actuelle auprès des instances de contrôle. Fin mars, l'Autorité de la Concurrence avait déjà ouvert une enquête approfondie sur un autre dossier pendant, l'acquisition de TPS par Canalsat. L'antitrust français avait retiré l'année dernière son autorisation à l'opération, après que les parties eurent manqué à leurs engagements. Vivendi et Canal + avaient à nouveau notifié leur projet en octobre dernier, mais la nouvelle procédure a traîné car certaines pièces manquaient au dossier.