L'Opep reconduit ses quotas de production sur fond de dissensions internes

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L'Opep reconduit ses quotas de production sur fond de dissensions internes
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Le statu de quo décidé hier masque mal une querelle interne à l'Opep...

Il n'y aura pas eu de coup de théâtre, cette nuit, à Vienne... Les membres de l'Opep ont décidé de laisser inchangé leur plafond de production, comme le marché l'avait anticipé. Cette décision a toutefois été assortie d'une exigence de meilleur respect de ces quotas, qui ont été assez largement dépassés ces derniers mois, contribuant à la rechute des cours du brut... La production de pétrole de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), fixée depuis six mois à 30 millions de barils par jour (mbj) pour l'ensemble des Etats membres, s'est ainsi hissée dans les faits à 31,86 mbj en mai, gonflée notamment par une nette hausse de la production de l'Arabie saoudite, l'Irak et la Libye, selon les chiffres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). Cette abondance de l'offre s'est combinée avec le ralentissement de la demande venue d'Europe et de Chine pour faire chuter les cours du baril de pétrole d'environ 20% depuis trois mois. Depuis hier cependant, les prix ont cependant entamé un rebond technique dans l'espoir d'une réduction de la production de l'Opep, le baril de brut américain WTI affichant une hausse de 2,5% depuis 24 heures à 84,65$ et le Brent de la Mer du Nord s'inscrivant à 98$ ce matin, en rebond de plus de 1%. Le statu quo décidé hier masque mal une querelle interne à l'Opep : en début de semaine, le Venezuela et l'Iran avaient ainsi vivement reproché aux pays du Golfe de grossir exagérément leur offre et de déstabiliser le marché... De son côté, l'Arabie Saoudite s'était montrée plutôt favorable à un maintien, voire un relèvement du plafond, malgré la baisse récente des cours du brut. Le puissant ministre saoudien Ali al-Nouaïmi avait ainsi estimé le week-end dernier qu'un relèvement du plafond de l'Opep "était nécessaire" avant de revenir en arrière sous le feu des critiques... Par ailleurs, la question de la succession du Libyen Abdallah el-Badri, le secrétaire général du cartel, dont le mandat se termine à la fin de l'année, a été reportée à décembre... Quatre des 12 Etats-membres ont présenté un candidat, l'Iran, l'Irak, l'Arabie Saoudite et l'Equateur, mais l'unanimité des membres, requise pour désigner le patron du cartel, n'a pas pu être atteinte...