L'OCDE prône moins de soutien à l'agriculture

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L'OCDE prône moins de soutien à l'agriculture
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L'organisation juge que trop souvent, ces aides entraînent des "distorsions de marché".

L'Organisation de coopération et de développement économique prône dans un rapport publié jeudi de réduire le soutien public dont bénéficie l'agriculture dans ses pays membres, estimant qu'il entraîne des "distorsions de marché". Ce document indique que "le soutien aux producteurs, en légère baisse par rapport à 2012, représentait 18% des recettes agricoles brutes en 2013, contre 30% environ il y a vingt ans". Problème : la moitié des 194 milliards d'euros dépensés pour ce soutien en 2013 ont servi à financer "des instruments d'intervention qui faussent la production et les échanges", selon l'OCDE. Filet de sécurité ou soutien massif Le rapport souligne les écarts importants dans les niveaux et la composition du soutien agricole entre pays membres de l'OCDE. Ainsi, des pays comme la Turquie, la Corée, l'Islande ou le Japon affichent dans la composition de leur soutien public une écrasante majorité d'aides au titre de la production des produits de base. "Tandis que l'Australie, le Chili et la Nouvelle Zélande se contentent de filets de sécurité, d'aides d'urgence et d'aides à la recherche et développement, maintenant le soutien à moins de 3% des recettes agricoles brutes, la Corée, l'Islande, le Japon, la Norvège et la Suisse affichent une estimation du soutien aux producteurs supérieure à 40% des recettes agricoles brutes", regrette l'OCDE. Changer les habitudes Le rapport appelle donc ses pays membre à changer ces mauvaises habitudes, en coupant les liens entre le soutien agricole et la production. "Le niveau élevé des prix et des revenus dans le secteur agricole crée les conditions adéquates pour poursuivre la réforme des politiques agricoles, mais beaucoup reste à faire, au delà des ajustements à la marge", commente dans un communiqué Angel Gurría, le Secrétaire général de l'OCDE. "En d'autres termes, les formes de soutien qui faussent la production et les échanges pourraient regagner peu à peu du terrain dans certains pays si les prix agricoles venaient à baisser".