L"idéologie de Bruxelles a fait beaucoup de dégâts", regrette le patron d'Orange

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L"idéologie de Bruxelles a fait beaucoup de dégâts", regrette le patron d'Orange
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Stéphane Richard revient sur les perquisitions menées dans les locaux de son groupe la semaine dernière et y voit une forme "d'acharnement"...

La Commission européenne a mené des perquisitions la semaine dernière chez trois géants des télécoms, Orange, mais aussi Deutsche Telekom et Telefonika, les soupçonnant d'abus de position dominante, dans la gestion du trafic internet. "Ils n'ont rien trouvé. Comme dit René Oberman, patron de Deutsche ­Telekom, ils se sont trompés d'adresse !", commente ce matin dans 'Le Figaro' le PDG d'Orange. Stéphane Richard explique que son ordinateur a été saisi et son bureau perquisitionné, ce qu'il juge "assez violent". "Difficile de ne pas y voir une forme d'acharnement. Nous ne sommes pas contre la concurrence, nous la vivons tous les jours !", déclare le patron de l'opérateur, qui indique que ces perquisitions concernaient une affaire opposant le groupe à l'américain Cogent, mais qui a déjà été tranchée en sa faveur au terme d'une longue enquête. "Beaucoup de dégâts" Le patron d'Orange se montre très critique à l'égard de la Commission européenne. "Depuis vingt ans, Bruxelles ne sait faire qu'une seule et unique ­chose : de l'antitrust. Bruxelles semble ne pas comprendre que le monde a changé, que nous ne sommes plus les anciens monopoles historiques depuis longtemps, mais que nous sommes désormais plongés dans un monde ultraconcurrentiel. (...) Cette idéologie a provoqué beaucoup de dégâts", regrette-t-il. A propos du "marché unique des télécoms", voulu par Bruxelles, Stéphane Richard estime qu'il s'agit d'une bonne initiative mais qui "reste pour l'instant une perspective très éloignée". Il rappelle que la Commission compte en attendant baisser les prix des appels passés depuis l'étranger. "Cette nouvelle baisse prévue des prix du roaming représenterait une perte sèche pour Orange de 300 millions d'euros de marge. En contrepartie, je ne vois aucune mesure pour stimuler l'investissement", dénonce le patron d'Orange.