L'Euro rechute faute d'accord sur la Grèce ce week-end

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L'Euro rechute faute d'accord sur la Grèce ce week-end
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Les investisseurs ont été une nouvelle fois déçus par l'incapacité des ministres européens à s'accorder sur le dossier grec en Pologne...

L'Euro repart à la baisse ce lundi matin, cédant près de 1% à 1,3665$. Face au Yen, la monnaie unique européenne est également en recul, de 0,7% environ, à 105,12 Yens. Les investisseurs ont été une nouvelle fois déçus par l'incapacité des ministres européens à s'accorder sur le dossier grec, vendredi et samedi, lors de leurs réunions à Wroclaw en Pologne. De plus, le clivage entre l'Europe et les Etats-Unis sur la gestion de la crise s'est encore élargi, l'Europe réaffirmant la rigueur budgétaire comme priorité absolue... Le risque de défaut de la dette grecque n'a jamais été aussi élevé sur les marchés, les cours des CDS (sorte de certificats d'assurance contre le défaut) sur les obligations grecques impliquant désormais un risque de faillite supérieur à 90% ! Dans ce contexte, les cambistes envisagent donc une nouvelle semaine volatile pour l'Euro : la monnaie européenne pourrait néanmoins être soutenue si la Réserve fédérale américaine annonçait de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire à l'issue de son conseil de politique monétaire prévu mardi et mercredi. Le Premier ministre grec Georges Papandréou, ajoutant à la nervosité ambiante, a annulé hier un voyage aux Nations-Unies à New York pour réunir à Athènes un Conseil des ministres extraordinaire chargé d'adopter des nouvelles mesures d'économies. La Grèce tente d'obtenir d'urgence le déblocage de 8 milliards d'euros, la 6ème tranche du premier plan de soutien de 110 milliards d'euros pour éviter un défait de paiement fin octobre... Au-delà, le pays essaie de sécuriser le 2ème plan d'aide de 158 milliards d'euros, promis le 21 juillet dernier par l'Europe, le FMI et le secteur privé, mais qui doit encore être ratifié par de nombreux pays, dont l'Allemagne. Le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, qui participait pour la première fois à une réunion de l'Eurogroupe, a été fraîchement reçu à Wroclaw lorsqu'il a demandé aux Européens de ne pas étouffer la croissance par des plans d'austérité draconiens... Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, lui a répondu indirectement en estimant que "la zone Euro se porte mieux économiquement que d'autres grands pays développés" sur le front de la dette publique. L'opinion publique européenne devient de plus en plus hostile à la poursuite de l'aide à la Grèce : 68% des Français seraient désormais opposés à un nouvel effort financier de la France, selon un sondage Ifop, rejoignant notamment les Allemands qui sont hostiles au renflouement de la Grèce depuis le début de cette crise...