"L'euro est trop cher, trop fort et un peu trop allemand" aux yeux d'Arnaud Montebourg

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"L'euro est trop cher, trop fort et un peu trop allemand" aux yeux d'Arnaud Montebourg
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Le ministre du Redressement productif estime ainsi que la politique salariale de Berlin n'est pas étrangère aux problèmes du secteur agroalimentaire breton...

L'Allemagne semble être au coeur des préoccupations d'Arnaud Montebourg, dans l'interview qu'il a accordée mardi au 'Parisien'. Le ministre du Redressement productif estime ainsi que la politique salariale de Berlin n'est pas étrangère aux problèmes du secteur agroalimentaire breton, qui se mobilise depuis quelques jours. "Si nos abattoirs ferment les uns après les autres, c'est aussi parce que l'Allemagne embauche des salariés payés à 400 euros par mois", déclare Arnaud Montebourg. "Si on se fait concurrence sur le salaire des gens à l'intérieur de l'Europe, on détruit l'Europe! L'union, c'est fait pour protéger les gens, pas pour les mettre en compétition et les appauvrir. Or, c'est ce qui se passe". "La question des salaires allemands est un vrai problème. Cela fait partie des revendications françaises soumises à Mme Merkel (la chancelière allemande)", ajoute-t-il. "La modération salariale, c'est bien, mais le dumping déloyal sur les salaires, ce n'est pas acceptable", estime le ministre. "Il faudrait qu'il soit un peu plus italien" Arnaud Montebourg estime par ailleurs que les politiques économiques européennes sont aussi la cause de la montée du Front national et il souhaite que les partenaires de la France "comprennent que les choix de récession qu'ils font ne peuvent pas durer". Le ministre du Redressement productif juge notamment l'euro trop élevé et estime qu'une baisse de 10% du taux de change par rapport au dollar permettrait d'augmenter la richesse nationale française de 1,2%, de créer 150.000 emplois et de réduire le déficit public de 12 milliards d'euros. "L'euro est trop cher, trop fort et un peu trop allemand", résume-t-il. "Il faudrait qu'il soit un peu plus italien, français et européen, tout simplement. La réponse au Front national est aussi là."