L'Etat voudrait protéger les brevets d'Alcatel-Lucent

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L'Etat voudrait protéger les brevets d'Alcatel-Lucent
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Selon 'Les Echos' du jour, Bercy est fortement mobilisé pour trouver une solution alternative à l'accord annoncé vendredi entre l'équipementier télécoms, Goldman Sachs et le Crédit Suisse.

Le patrimoine intellectuel d'Alcatel-Lucent est menacé... Le ministère de l'Economie n'aurait ainsi pas du tout apprécié l'accord annoncé vendredi entre l'équipementier télécoms, Goldman Sachs et le Crédit Suisse, portant sur une ligne de crédit de 1,6 milliard d'euros... Selon 'Les Echos' du jour, Bercy est fortement mobilisé pour trouver une solution alternative, afin d'éviter à Alcatel-Lucent d'utiliser cette ligne de crédit. En effet, en échange des prêts bancaires, les banques ont exigé en garantie le portefeuille de brevets d'Alcatel-Lucent, estimé à 5 milliards d'euros. En d'autres termes, si Alcatel, dont la situation financière est fragile, se trouvait à l'avenir dans l'impossibilité de rembourser ses crédits, une partie des brevets du groupe tomberait dans l'escarcelle des banques. Bercy à la recherche d'autres sources de financement Une situation que se refuse donc à envisager Bercy, qui va tenter de trouver des sources alternatives de financement avant fin janvier. Selon le quotidien économique, c'est la ministre déléguée à l'Economie numérique Fleur Pellerin qui a tiré la sonnette d'alarme, et a obtenu un délai d'un mois avant l'activation du contrat de prêt, ainsi qu'une réduction du périmètre des actifs gagés. En effet, au départ, comme le 'Wall Street Journal' l'avait évoqué il y 10 jours, les banquiers souhaitaient prendre en collatéral toutes les activités dynamiques et rentables du groupe : l'activité entreprise, le sous-marin, et, surtout, la division IP (routeurs pour Internet), la technologie sur laquelle Alcatel-Lucent mise son avenir. Vers un recours au FSI Bercy envisagerait deux pistes pour empêcher Alcatel-Lucent, considéré comme stratégique par l'Etat, de mettre en danger ses pépites. Première solution possible : l'Etat pourrait faciliter, avec l'aide du Fonds stratégique d'investissement (FSI), des cessions d'actifs supplémentaires dans la branche entreprise ou les câbles sous-marins. La deuxième piste consisterait à monter un consortium de valorisation des brevets, qui pourrait accueillir des industriels américains. Alcatel-Lucent toucherait alors une rémunération immédiate de la part de ces industriels, tout en demeurant copropriétaire de ses brevets.