L'écotaxe suspendue, un manque à gagner de 1.712 euros par minute

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L'écotaxe suspendue, un manque à gagner de 1.712 euros par minute
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France Nature Environnement, défavorable à la suspension de cette taxe, fait les comptes...

"L'écotaxe poids lourds devait entrer en application début 2014. Face à l'opposition, le gouvernement a reporté sa mise en place. A quel prix ?", s'interroge France Nature Environnement. L'ONG a mis en place un compteur, qui défile sur son site internet. Et suite au report de cette taxe, elle a calculé que le manque à gagner s'élevait à 1.712 euros par minute, et 2.465.753 euros par jour. Au total, elle devait rapporter environ 900 millions d'euros dans les caisses de l'Etat chaque année... Ce chiffrage en temps réel est destiné à "marquer les esprits", explique FNE. Mercredi, aux alentours de 10h30, il dépassait les 160,2 millions d'euros. L'éco-redevance sur le transport routier, décidée par la précédente majorité dans le cadre du Grenelle de l'environnement, vise à taxer la circulation de poids lourds afin de financer les infrastructures ferroviaires et fluviales. Elle a été suspendue au mois d'octobre par le gouvernement. "Depuis 2006, nous nous évertuons à soutenir sa mise en oeuvre, dénonçons la pression des lobbies et le manque de courage politique des gouvernements successifs", regrette France Nature Environnement. Des projets à l'eau L'ONG revient sur les vertus de cette taxe, qui "incite les transporteurs à parcourir moins de kilomètres pour livrer la même quantité de marchandises", "fournit un signal prix et rend compétitif les autres modes plus vertueux (fret ferroviaire et fluvial), favorisant ainsi le transfert de marchandises" et "dégagerait des ressources importantes pour financer la modernisation et le développement des infrastructures de transport alternatives". En début de semaine, France Info faisait également les comptes sur le nombre de projets annulés avec l'ajournement de cette taxe. Ligne de tramway, de bus, ou de métro... Au total, 120 chantiers, dans les cartons du ministère des Transports, et qui auraient du être financés grâce aux 450 millions d'euros attendus de l'écotaxe, risquent de ne jamais voir le jour, selon la radio. Parmi eux, 52 lignes de bus, six projets de "mobilité durable", deux lignes de métro ou encore 16 lignes de tramway (nouvelles ou prolongements).