Jérôme Kerviel, convoqué au comissariat de Menton ce week-end, se dit "libéré"

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Jérôme Kerviel, convoqué au comissariat de Menton ce week-end, se dit "libéré"
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L'ancien trader de la Société Générale doit purger une peine de trois ans de prison ferme,

L'ex-trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel qui a entrepris de marcher de Rome à Paris "contre la tyrannie des marchés" après une rencontre avec le pape François au Vatican, doit traverser la frontière entre l'Italie et la France ce samedi à 15 heures. Il devra se présenter au plus tard dimanche, au commissariat de Menton (Alpes-Maritimes) afin de purger sa peine. Le 19 mars dernier, la Cour de cassation a en effet confirmé sa peine à trois ans de prison ferme pour une perte record infligée en 2008 à la banque rouge et noire, tout en annulant l'amende de 4,9 milliards d'euros. Alors que le jeune homme se dit "serein", son avocat a lancé un appel à François Hollande. "Je suis libre" "Pour le moment je n'y pense pas (...) Evidemment que l'on craint la prison (...) ce que j'ai appris au cours de ce périple, c'est que la liberté est à l'intérieur de l'esprit (...) J'ai participé à un système amoral (...) J'en ai honte (...) j'ai honte d'avoir été trader (...) aujourd'hui, je suis libéré de cela", a-t-il expliqué ce vendredi matin, lors d'une interview accordée à 'France Bleu Azur'. L'annulation de la condamnation de 4,9 milliards d'euros va entraîner un nouveau procès au civil sur le préjudice financier de la banque et le montant des dommages imputables à Jérôme Kerviel. "Pour moi, c'est une victoire (...) cela ouvre la voie à une expertise (...) la justice va enfin me donner les moyens de prouver que la banque a menti", a-t-il encore martelé. "Pas un jour de prison" Dans une tribune parue dans l'Humanité, son avocat Maître David Koubbi s'adresse directement au président de la République, lui demandant d'intervenir personnellement, afin "de faire en sorte que Jérôme Kerviel ne fasse pas un jour de prison, tant que la lumière pleine et entière n'aura pas été faite sur cette affaire". Outre la décision prise par la Cour de cassation de "faire éclater le volet civil du dossier", David Koubbi rappelle que trois plaintes pénales contre la Société Générale pour "faux et usage de faux", "escroquerie au jugement" et subornation de témoins" sont toujours en cours de traitement. "Nous dénonçons un dysfonctionnement. Je ne vous demande pas un passe-droit, nous vous demandons le droit", conclut-il.