Jean-Marc Ayrault annonce la suspension de l'écotaxe poids-lourds

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Jean-Marc Ayrault annonce la suspension de l'écotaxe poids-lourds
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Le gouvernement a finalement cédé, face à la pression des manifestants bretons...

Le gouvernement a finalement cédé, face à la pression des manifestants bretons. Jean-Marc Ayrault, qui tenait mardi matin une réunion consacrée à l'écotaxe poids lourds, a annoncé la suspension de la mise en oeuvre de cette mesure, prévue pour le 1er janvier 2014. "La suspension de l'écotaxe ne veut pas dire la suppression, une réflexion aura lieu sur l'agroalimentaire et les régions périphériques", a précisé le Premier ministre, au terme de cette rencontre. "La seule solution" "Nous prendrons le temps nécessaire pour corriger l'écotaxe", a-t-il déclaré, avant d'ajouter que "le courage, ce n'est pas l'obstination, c'est d'écouter, de comprendre, de rechercher la solution". Cette déclaration à Matignon suivait donc une réunion en présence des ministres qui suivent le dossier, et d'élus bretons, même si ceux de l'UMP avaient choisi de la boycotter. Invité sur RTL mardi matin, le président de l'UMP Jean-François Copé avait estimé que "la seule solution c'est de reporter sine die cette écotaxe (...) dans toute la France". Un avis partagé par l'ex-ministre UMP de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet : "La fiscalité environnementale c'est une bonne chose, moi je n'ai pas changé d'avis, le problème c'est qu'ils ont créé une overdose fiscale", a-t-elle estimé sur Europe 1. Menace des agriculteurs Cette écotaxe doit rapporter un milliard d'euros par an à l'Etat. Voté par la majorité précédente dans le cadre du Grenelle de l'environnement mais jamais mis en oeuvre, ce prélèvement s'adresse aux transports de plus de 3,5 tonnes, et était farouchement combattu par les agriculteurs bretons, qui ont multiplié les manifestations, estimant qu'il pénaliserait selon eux un secteur en difficulté, sur fond de multiplication des faillites dans le secteur agroalimentaire local. Ce revirement du gouvernement intervient alors que la cote de popularité de l'exécutif est au plus bas  dans les sondages : François Hollande est tombé à 26% d'opinions favorables, franchissant un record historique d'impopularité pour un président de la République, selon un sondage BVA pour 'L'Express', France Inter et la presse régionale publié lundi. Près de 75% des Bretons étaient par ailleurs opposés à cette écotaxe, selon un sondage Ifop pour 'Dimanche Ouest-France'.