Immobilier : "Nous sommes entrés dans un cycle baissier", affirment les notaires

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Immobilier : "Nous sommes entrés dans un cycle baissier", affirment les notaires
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Ils s'accordent pour 2012 sur une fourchette de baisse des transactions de 15 à 20%...

L'année 2011 restera marquée par de nombreux records pour l'immobilier français. A l'occasion de leur bilan annuel du marché français, les notaires ont rappelé jeudi matin plusieurs chiffres marquants comme 8.390 euros, qui est le record de prix du mètre carré moyen à Paris atteint vers la fin de l'été et même un extravagant 40.000 euros du mètre négocié en fin d'année pour un 5 pièces près des Champs-Elysées. L'exception parisienne mise à part, la France a connu en 2011 un record de transactions avec 710.000 actés signés en province. 858.200 mutations sont comptabilisées au total dans l'ancien par les notaires, contrairement d'ailleurs à certains chiffres inférieurs qui avaient circulé... "Il s'agit d'un "record inégalé en province" souligne Pierre Bazaille, Président des services du Marché Immobilier des Notaires (Min.not), en charge des bases nationales. Un record qui s'explique notamment par l'afflux de transactions intervenues en toute fin d'année avant l'entrée en vigueur de la nouvelle imposition sur les plus-values immobilières (le 1er février 2012) Devant cette base de comparaison très élevée, les notaires s'accordent pour 2012 sur une fourchette de baisse des transactions de 15 à 20% évoquée par les agents immobiliers, ce qui ramènerait le volume autour de 700.000. "Nous ne croyons pas à un niveau de 600.0000", a souligné jeudi matin Pierre Bazaille. Au niveau des prix, la baisse est déjà enclenchée sur Paris depuis plusieurs mois et les tout derniers chiffres des notaires basés sur les promesses de vente enregistrées jusqu'à à fin mars confirment le mouvement de tassement des prix observé dans la capitale avec un niveau de 8.120 euros, censé se retrouver dans les actes de ventes qui seront signés en juin. Depuis les plus hauts de 8.390 euros actés fin 2011, Paris limiterait donc pour l'instant sa baisse à 3,2%. "Si cette tendance devait se poursuivre, on reculerait d'un peu plus de 6%" observe Thierry Delesalle, Président de la Commission de conjoncture immobilière de Paris-Ile-de-France, en rappelant la fourchette de prévisions 2012 des notaires de -5% à -10% pour Paris et l'Ile-de-France avec au mieux une stabilité sur les bonnes adresses de Paris. Pour la France entière, après une hausse de prix mesurée à 6,5% en 2011, les notaires segmentent le marché en évoquant une certaine stabilité en 2012 sur les villes les plus dynamiques mais une baisse des prix plus ou moins accentuée sur le reste du territoire (pouvant aller jusqu'à -10% à -20%), baisse des prix qui devrait d'ailleurs se poursuivre en 2013. "Nous sommes entrés dans un cycle baissier mais pas aussi brutal qu'en 2008-2009 où les prix avait parfois décroché rapidement de 15% à 20%", explique Pierre Bazaille. La Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM) ne constate de son côté, sur la base des transactions réalisées par ses 12.000 agences adhérentes, qu'un léger recul des prix, de l'ordre de -1% en moyenne nationale au premier trimestre 2012 par rapport au quatrième trimestre 2011.