Immobilier : 53% des Français opposés au projet Giacobbi

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Immobilier : 53% des Français opposés au projet Giacobbi
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Le président du Conseil exécutif veut lutter contre la spéculation immobilière en encadrant juridiquement la vente de terrains aux non-résidents...

Le président du Conseil exécutif de Corse Paul Giacobbi veut lutter contre la spéculation immobilière sur l'île... Son idée d'encadrer juridiquement la vente de terrains aux non-résidents, a créé la polémique la semaine dernière, ses détracteurs lui reprochant de céder aux pressions de nationalistes. Les Français, eux, sont majoritairement opposés à ce projet : selon une enquête Ifop pour le 'JDD', 53% des sondés s'y déclarent "plutôt opposés". Le 'JDD' précise que cette enquête a été réalisée "sur un panel représentatif de la population française (et non uniquement corse)". Il en ressort que "36% des personnes interrogées sont, en revanche, 'plutôt favorables' à une telle idée, qui, selon elles, "favoriserait l'accès à la propriété pour les habitants de l'île qui éprouvent des difficultés à se loger en raison de la spéculation foncière et immobilière". Statut dérogatoire "Si on peut acheter un terrain en Corse aussi aisément qu'une tablette de chocolat sur le rayon d'un supermarché, on court à la catastrophe. Il faut donc limiter l'accès à la propriété foncière pour les non-résidents", argumentait Paul Giacobbi dans une interview accordée à 'Corse Matin', le 7 ao�"t. Sa réforme, qui créerait de fait une sorte de statut dérogatoire, doit figurer dans le document général d'aménagement de l'île (Padduc) qui sera débattu en septembre par l'Assemblée de Corse. Elle n'est pas du go�"t de tout le monde : Camille de Rocca-Serra, député UMP de la Corse-du-Sud, dénonce "un coup politique, électoraliste, et un cadeau fait "aux chef de file des nationalistes". Problème de censure Mais le projet a de toute façon très peu de chances de passer : il serait censuré par la Commission européenne au nom du droit à la liberté d'établissement et par le Conseil constitutionnel qui pourrait y voir une rupture de l'égalité entre les citoyens français. Selon les derniers chiffres des Notaires de France publiés en juillet dernier, le prix moyen d'une maison ancienne s'établissait en moyenne à 202.000 euros en Haute Corse et à 322.100 euros en Corse-du-Sud, au premier trimestre 2013. A titre de comparaison, un bien comparable valait autour de 302.380 euros en Ile-de-France.