"Il est urgent de redéfinir la politique énergétique de l'Europe", estime GDF Suez

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"Il est urgent de redéfinir la politique énergétique de l'Europe", estime GDF Suez
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Plusieurs grands groupes européens se sont joints à l'appel du Français...

"Il est urgent" que l'Europe redéfinisse sa politique énergétique, prévient le PDG de GDF Suez, dans une interview accordée au journal 'Le Monde' daté du 22 mai. Gérard Mestrallet a lancé un "appel solennel" aux chefs d'Etats européens qui se réunissent mercredi à Bruxelles. Sept autres acteurs du secteur se sont joints à lui, parmi lesquels les allemands EON et RWE mais aussi l'italien ENI ou encore l'espagnol Iberdola. Echec de la politique actuelle Gerard Mestrallet note qu'aucun des objectifs fixés par Bruxelles n'a été rempli. La politique européenne "avait un triple but : lutter contre le réchauffement climatique, améliorer la compétitivité et assurer la sécurité d'approvisionnement du continent. Or sur ces trois volets, c'est l'échec", déplore-t-il. Concernant l'aspect environnemental, le PDG de GDF Suez pointe notamment du doigt le marché du carbone "mal calibré", mais aussi le fonctionnement "à plein des installations au charbon". Car depuis que les Etats-Unis exploitent le gaz de schiste, "ils se sont mis à exporter vers l'Europe à prix cassés le charbon dont ils n'avaient plus l'usage", explique-t-il. Il recommande au passage de renforcer les investissements pour les outils de recherche permettant l'exploitation "propre" des gaz de schiste. Coordonner les mécanismes Sans remettre en cause les subventions aux énergies renouvelables, Gérard Mestrallet préconise une "harmonisation de ces soutiens" au niveau européen afin de ne pas déstabiliser le marché. En donnant la priorité à celles-ci, "des problèmes de sécurité d'approvisionnement" se posent en période de pic de consommation. Dans ce genre de situation, "l'équilibre ne peut être atteint qu'avec des centrales à gaz. Or ce sont celles que l'on ferme en ce moment, car elles perdent de l'argent", explique-t-il. Il appelle donc à "la rémunération des opérateurs de ces centrales pour les maintenir en état de marche", et ce, au niveau européen.