HSBC : accusé de blanchiment d'argent !

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HSBC : accusé de blanchiment d'argent !
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La banque britannique aurait aidé certains de ses clients à blanchir des capitaux issus de certaines des régions parmi lesquelles l'Iran, la Syrie, les îles Caïman ou encore l'Arabie saoudite...

Le Sénat américain vient de publier un rapport mettant gravement en cause la banque britannique HSBC. Selon le texte, qui s'appuie sur l'étude de 1,4 million de documents et l'audition de 75 responsables de HSBC et de l'autorité de régulation, l'établissement financier a aidé certains de ses clients à blanchir des capitaux issus de certaines des régions les plus dangereuses ou les plus secrètes du monde, parmi lesquelles l'Iran, la Syrie, les îles Caïman ou encore l'Arabie saoudite. Si le comportement de la banque britannique est connu depuis près de dix ans, l'enquête réalisée par le Sénat met l'accent à la fois sur l'ampleur des pratiques mises en cause et sur l'incapacité de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), pourtant l'une des principales autorités de régulation financière aux Etats-Unis, à surveiller correctement ses activités. Les auteurs du rapport reprochent entre autres à HSBC son incapacité à surveiller correctement des transactions en numéraire d'un montant global de 15 milliards de dollars entre mi-2006 et mi-2009, ainsi que le manque d'effectifs de ses services chargés d'assurer la conformité de ses pratiques avec la réglementation en vigueur. Selon eux, HSBC a ignoré certains risques dans le cadre de ses activités dans des pays comme le Mexique, un pays présenté comme "assiégé par le crime lié à la drogue, la violence et le blanchiment d'argent". Sur la période 2007-2008, les activités mexicaines de HSBC ont ainsi transféré 7 milliards de dollars vers les Etats-Unis et le rapport note que les autorités mexicaines et américaines ont alerté la banque sur les liens probables entre ces montants et le trafic de drogue. Les sénateurs ont aussi étudié les relations commerciales entre HSBC et la banque saoudienne Al Rajhi Bank, qui entretient, selon le rapport, des liens avec des activités de financement de groupes terroristes. Le rapport évoque aussi des liens entre une partie des sommes ayant transité par HSBC et l'Iran, ce qui pourrait constituer une violation des sanctions américaines à l'encontre de Téhéran et d'autres pays. Pour dissimuler ces transactions, des filiales de HSBC ont utilisé la méthode dite du "stripping" permettant d'effacer des archives toute référence à l'Iran. Des filiales de HSBC ont aussi présenté certaines transactions comme de simples transferts entre différentes banques sans dévoiler les liens avec l'Iran. En réponse, HSBC a déclaré que le rapport du Sénat contenait "d'importants enseignements pour l'ensemble du secteur afin de prévenir l'entrée d'acteurs illégaux dans le système financier mondial". Le groupe ajoute avoir augmenté son budget consacré à assurer le respect de la réglementation et avoir amélioré la coordination de ses politiques de gestion des transactions à haut risque. L'agence Reuters précise qu'un cabinet d'audit indépendant a identifié pour la période 2001-2007 plus de 28.000 transactions susceptibles de constituer une violation des lois interdisant toute relation commerciale avec des pays visés par des sanctions. Sur ce total, 25.000 opérations concernaient l'Iran. L'implication de HSBC tient essentiellement au fait que le groupe servait de relais à des acteurs de plus petite taille désireux d'accéder au système financier mondial, explique le rapport.