Gaz de schiste : des réserves mondiales en hausse, mais celles de la France en baisse ?

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Gaz de schiste : des réserves mondiales en hausse, mais celles de la France en baisse ?
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Tour d'horizon...

Les réserves mondiales d'hydrocarbures de schiste seraient plus importantes qu'estimées jusqu'à présent. Selon un rapport de l'Agence gouvernementale américaine de l'énergie (EIA), les réserves de pétrole de schiste atteindraient 345 milliards de barils, ce qui correspond à 10 ans de consommation mondiale de pétrole ! 42 pays disposent d'un potentiel d'extraction de ce pétrole, dont les Etats-Unis et le Canada, qui sont à l'heure actuelle les deux seuls pays à s'être lancé dans la production en masse de ces hydrocarbures. Pourtant, c'est la Russie qui dispose des plus importantes réserves de pétrole de schiste, estime l'agence, avec 75 mds de barils, suivie des Etats-Unis (58 mdb), de la Chine (32 mdb), de l'Argentine et (27 mdb) et de la Libye (26 mdb). Quant au gaz de schiste, les réserves mondiales sont revues en hausse de 10% par rapport à 2011, et correspondent désormais à environ la moitié des gisements de gaz classique connus dans le monde. 77 ans de consommation française En France en revanche, l'étude américaine estime que le potentiel du gaz de schiste pourrait avoir été surestimé jusqu'ici : l'agence a ainsi revu nettement en baisse (-24%) les réserves de l'hexagone, à 3.870 milliards de mètres cubes, contre 5.100 mds. Ce qui représenterait tout de même environ 77 ans de consommation française, contre 100 ans pour la précédente estimation, faite en avril 2011 ! Contre-pied Connaître le réel potentiel de ces gisements ne serait possible qu'en menant des travaux d'exploration de ces hydrocarbures emprisonnés dans la roche mère, ce qui reste impossible en France... La seule technique d'exploitation connue jusqu'à présent est la fracturation hydraulique, interdite depuis 2011 en raison de ses impacts potentiels sur l'environnement. La semaine dernière, pour la première fois, un rapport parlementaire français a rouvert le débat, en défendant une exploration et une exploitation "maîtrisées" du gaz de schiste, et prenant à contre-pied la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, fermement opposée à toute forme d'exploitation des hydrocarbures de schiste...