France : les entreprises innovent malgré la crise, non sans difficulté

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France : les entreprises innovent malgré la crise, non sans difficulté
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En plein débat sur la compétitivité...

En plein débat sur la compétitivité, l'étude de l'INSEE "innover pour résister à la crise ou se développer à l'export", publiée ce matin arrive à point nommé. Elle révèle que les entreprises innovent pour gagner des parts de marchés, mais sont souvent obligées d'y renoncer en raison de coûts trop élevés. de quoi alimenter le débat sur la compétitivité coût/hors coût... Les entreprises françaises se montrent innovantes Premier constat de l'étude : les sociétés hexagonales sont loin d'être frileuses puisqu'entre 2008 et 2010, la moitié d'entre elles ont innové, une proportion qui monte même à 71% dans le secteur de l'information & la communication et 56% pour les industries manufacturières. Les entreprises de plus de 250 salariés sont aussi les plus innovantes (80%), disposant certainement de plus de marges de manoeuvre. La crise a cependant eu des répercussions sur la capacité d'innovation technologique des entreprises françaises, dont le taux passe de 31% à 28% entre 2008 et 2010. Des freins financiers à l'innovation...mais pas seulement "Les sociétés investissant dans l'innovation, quel qu'en soit le type, ont essentiellement pour objectif d'augmenter leurs parts de marché, ou d'améliorer leurs produits", note l'étude. Pour résister à la concurrence, ce sont les entreprises exportatrices qui innovent davantage (35% contre 11% pour les sociétés non exportatrices). Dans ce contexte de crise, 41% des sociétés, qu'elles soient innovantes ou non, indiquent cependant "s'être heurtées à des obstacles ayant freiné leur activité d'innovation en produits ou en procédés, ou les ayant dissuadées de s'y engager. Cette proportion s'élève à 58 % parmi les sociétés technologiquement innovantes", précise l'INSEE. Le premier frein cité est financier - moyen, coût d'investissement... - (28%). Viennent ensuite "le marché sur lequel la société intervient" (29%) et le manque de connaissance et de formation (17%). "De fait, 61% des sociétés impliquées dans des actions d'innovation technologique ont été amenées à former leur personnel", fait remarquer l'étude. Compétitivité coût, hors coût...ou les deux ? Cette enquête relance le débat entre les partisans d'une compétitivité "coût" et "hors coût". A droite on défend plutôt la première idée, réclamant un "choc de compétitivité", qui serait d'ailleurs préconisé par le rapport Louis Gallois, rendu public la semaine prochaine. "Comment peut-on parler de compétitivité alors que l'on sait que le premier sujet, c'est le coût du travail, c'est-à-dire le poids des charges qui pèsent sur les employeurs et que, dans le même temps, le gouvernement explique que ce n'est pas le problème", a ainsi déclaré mardi le candidat à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé, sur Europe 1. Le gouvernement s'est en effet dit prêt à abaisser le coût du travail mais de manière progressive, et en actionnant d'autres leviers en parallèle, comme l'innovation et la formation. Pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, "le lien entre compétitivité coûts et compétitivité innovation-recherche est absolu". Sans marges, une entreprise ne peut investir dans l'innovation, comme le montre l'étude de l'INSEE.