France : la croissance ne décolle pas, s'inquiète l'INSEE

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France : la croissance ne décolle pas, s'inquiète l'INSEE
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L'institut vise un PIB inférieur aux prévisions du gouvernement pour cette année...

La dernière note de conjoncture de l'Insee n'incite pas à l'optimisme sur la reprise économique ! L'institut français des statistiques estime ainsi que la croissance du PIB va plafonner à 0,7% cette année en France, après +0,4% en 2013. Un niveau inférieur aux prévisions officielles du gouvernement, qui table sur une croissance de 1%. La prudence de l'Insee est motivée par la stagnation du PIB au 1er trimestre, qui ne pourra pas être totalement compensée par la suite, même si les économistes prévoient une croissance de 0,3% par trimestre à partir du 2ème trimestre. Hausse du chômage Même constat en matière de chômage : l'Insee n'envisage pas de baisse cette année et prévoit même que le taux de chômage montera légèrement à 10,2% à la fin de l'année, contre 10,1% actuellement, Outremer compris. En France métropolitaine, le chômage devrait atteindre 9,8% de la population active fin 2014, en hausse de 0,1 point. L'économie française ne créera que 54.000 nouveaux emplois, provenant "exclusivement de la montée en charge de l'emploi aidé dans les administrations publiques", note l'Insee, pour qui "cela ne suffira pas pour absorber la hausse de la population active". De son côté, le gouvernement ne compte pas revoir ses prévisions de croissance avant la rentrée de septembre, et continue de tabler sur une accélération de la croissance en cours d'année. Dans un communiqué, Bercy note que l'Insee anticipe un redémarrage de l'investissement grâce aux premiers effets du CICE, qui se traduira selon Bercy "dès cette année par une hausse très marquée du taux de marge des entreprises, qui devrait s'amplifier l'an prochain avec le déploiement complet du CICE et la mise en oeuvre du premier volet de mesures du Pacte de responsabilité et de solidarité". Légère hausse du pouvoir d'achat Côté entreprises, les investissements rebondiraient modérément cette année (+0,7 % après -0,6 % en 2013) notamment grâce aux effets favorables du CICE. En revanche la baisse de l'investissement des ménages devrait s'accentuer : elle devrait atteindre -6,7% après -3,1 % en 2013, notamment en raison de la baisse des ventes de logements neufs. L'Insee relève cependant quelques bonnes nouvelles pour les ménages français : ses économistes tablent sur le maintien d'un contexte de faible inflation et sur la poursuite d'une hausse modeste des salaires ainsi que sur une moindre pression fiscale après les annonces récentes du gouvernement en faveur des ménages modestes. En conséquence, les salaires réels accéléreraient légèrement cette année (+1% après +0,8% en 2013) et le pouvoir d'achat du revenu disponible brut des Français devrait augmenter de 0,7% après avoir stagné en 2013 et chuté de 0,9% en 2012. Cette amélioration ne devrait cependant pas inciter les ménages à dépenser beaucoup plus. Selon l'Insee, leur consommation ne devrait progresser que de 0,3% cette année, au même rythme que 2013.