France : "L'heure des réformes structurelles est venue", prévient Euler Hermès

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France : "L'heure des réformes structurelles est venue", prévient Euler Hermès
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L'assureur crédit estime notamment que des mesures additionnelles de consolidation budgétaire seraient nécessaires pour atteindre l'impératif de 3% en 2015

La croissance mondiale devrait ralentir à 2,4% en 2013 avant de se reprendre légèrement en 2014 (+3,1%), estime Euler Hermès dans son dernier bulletin économique. Concernant la France, le fléchissement de 0,2% du PIB au premier trimestre a surpris en raison de la contraction de la consommation privée (-0,1%), de l'investissement des entreprises (-0,9%) et du dernier levier de croissance, les exportations (-0,5%), note l'assureur-crédit. Reprise modérée de la croissance en 2014 En 2013, l'économie devrait tomber en récession (-0,3%) avec la contraction généralisée des principales composantes de l'activité: la consommation des ménages entamera sa deuxième année de baisse (-0,2%), le repli de l'investissement accélérera (-2,3%) et les exportations perdront leur résilience (-0,5%). En 2014, la France devrait renouer modestement avec la croissance (+0,4%), soutenue par une reprise de la consommation (+0,2%) et des exportations (+1,3%), alors que l'investissement restera en berne (-0,1%). Dans ce contexte, l'impératif budgétaire de 3% du PIB a désormais été retardé de deux ans à 2015. 3% de déficit en 2015 nécessitera des efforts supplémentaires Bien que ce délai soit positif en termes de signal, il n'a aucune incidence sur les estimations de croissance de l'assureur-crédit en raison des prévisions trop optimistes du gouvernement (notamment pour 2014). Des mesures additionnelles de consolidation budgétaire seraient nécessaires pour atteindre l'impératif de 3% en 2015 qu'Euler Hermès estime autour de 30 Milliards d'euros. Le respect de la trajectoire des finances publiques s'impose devant la confiance des investisseurs étrangers, désormais détenteurs de près de 65% de la dette totale (soit environ 1.100 MdsE). En lien avec les demandes de la Commission Européenne, la France devrait engager une série de réformes structurelles afin d'accroître l'efficacité du système fiscal, désormais trop complexe en raison de nombreuses exonérations fiscales et sociales dont le co�"t demeure très élevé (10% du PIB). Réformer la fiscalité afin de soutenir davantage les entreprises, réformer le système des retraites et le marché du travail s'y retrouvent. Même si ces réformes semblent douloureuses au départ, car elles risquent de limiter la demande domestique à court terme, elles devraient augmenter la croissance potentielle à moyen terme et rendre l'ajustement budgétaire soutenable, conclut Euler Hermès.