Fleur Pellerin monte au créneau pour défendre AppGratis !

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Fleur Pellerin monte au créneau pour défendre AppGratis !
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L'application pour mobiles AppGratis a été supprimée unilatéralement de la boutique en ligne d'Apple

Evincée par Apple de l'App Store, la start-up française AppGratis a reçu le soutien de Fleur Pellerin. La ministre de l'Economie Numérique s'est rendue hier dans les locaux de la start-up parisienne, où elle a appelé le géant américain Apple à "renouer le dialogue", et a annoncé qu'elle saisirait la Commission européenne pour qu'elle régule les plateformes numériques, face des "comportements abusifs à répétition". "Il y a une nécessité de régulation économique de ces écosystèmes dont dépendent de nombreuses entreprises (...) Nous allons donc mener une réflexion sur ces sujets et saisir l'Union européenne. D'autres Etats membres sont également très sensibles à ces thèmes", a affirmé la ministre. Fleur Pellerin prend donc l'affaire AppGratis très au sérieux, et pour cause : la France est le deuxième producteur d'applications mobiles au monde après les Etats-Unis, et l'affaire pourrait se corser si d'autres éditeurs français d'applications étaient à leur tour visés... 12 millions d'utilisateurs Depuis le 5 avril, l'application pour mobiles AppGratis a ainsi été supprimée unilatéralement de la boutique en ligne d'Apple, alors qu'elle comptait plus de 12 millions d'utilisateurs dans le monde. Fondée en 2008, AppGratis offrait chaque jour, gratuitement, aux utilisateurs, pendant 24 heures, une application normalement payante, via un partenariat avec les éditeurs, qui pouvaient ainsi faire connaître leurs produits. Mais Apple a estimé que l'application violait son règlement, et notamment  un article qui stipule que "les apps qui affichent d'autres apps pour les vendre ou en faire la promotion d'une manière comparable ou pouvant être confondues avec l'App Store seront rejetées".  AppGratis rejette les accusations Le jeune patron d'AppGratis, Simon Dawlat rejette ces accusations, en affirmant que sa société entretenait jusqu'ici de bonnes relations avec Apple, qu'elle avait déjà discuté des ces sujets avec la firme de Cupertino, et que cette dernière avait validé ses choix, allant même jusqu'à donner son feu vert à la version pour iPad, une semaine avant la suspension. Pour M. Dawlat, "nous avons bien établi qu'AppGratis n'avait rien à voir avec l'App Store. L'App Store est un immense catalogue de plus d'un million d'apps. AppGratis est un média qui teste et met en lumière un produit Apple par jour, comme le font des milliers d'autres sites, blogs et apps". Jusqu'ici, AppGratis, qui emploie 45 personnes et avait levé 10 millions d'euros en janvier pour se développer, tablait sur un chiffre d'affaires de plus de 22 ME en 2013 contre 9 ME en 2012. Simon Dawlat n'a pas caché que l'éviction par Apple "représente une perte d'une dizaine de millions d'euros" pour la société française...