Fiscalité : le PDG de L'Oréal vent debout contre la taxe de 75% !

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Fiscalité : le PDG de L'Oréal vent debout contre la taxe de 75% !
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Si cette taxe est mise en oeuvre, il sera "presque impossible" pour les entreprises françaises de recruter des chefs d'entreprises de talent, estime Jean-Paul Agon...

Une nouveau soutien de poids rejoint la liste des patrons français opposés à la taxe de 75% promise par François Hollande aux très hauts revenus... Le PDG de L'Oréal, Jean-Paul Agon, estime ainsi, dans un entretien publié par le 'Financial Times', que si cette taxe est mise en oeuvre, il sera "presque impossible" pour les entreprises françaises de recruter des chefs d'entreprises de talent. Le gouvernement, qui présentera demain le projet de budget 2013, compte taxer à 75% les revenus du travail supérieurs à 1 million d'euros par an, une mesure qui touchera en priorité les grands patrons, les sportifs de haut niveau et les artistes les mieux payés... Pourtant, Jean-Paul Agon figure parmi une liste de 16 dirigeants d'entreprises qui avaient signé l'an dernier une tribune favorable à une hausse d'impôts pour les plus riches contribuables, co-signée notamment par Stéphane Richard (France Télécom), Marc Simoncini (Meetic), Jean Peyrelevade (ex-Crédit Lyonnais), Philippe Varin (Peugeot), Frédéric Oudéa (Société générale), Maurice Lévy (Publicis) ou encore Christophe de Margerie (Total). "Non, clairement, non" Jean-Paul Agon dit aujourd'hui avoir signé ce texte parce que "je pensais qu'en ces temps difficiles, les gens touchant de gros salaires devaient apporter leur contribution", mais qu'il n'envisageait pas un taux aussi élevé de 75% auquel il dit : "non, clairement non !" En 2011, Jean-Paul Agon était le deuxième patron le mieux payé du CAC40, après Bernard Arnault (LVMH), avec un revenu de 3,9 millions d'euros, dont 2,1 millions d'euros de salaire fixe et 1,8 millions d'euros de part variable. De son côté, Bernard Arnault, qui a touché 4,5 millions d'euros en 2011, a récemment déclenché une vive polémique après des informations révélant qu'il avait demandé la nationalité belge... Le dirigeant a fermement démenti vouloir s'exiler fiscalement, et a juré qu'il paierait ses impôts en France "comme tous les Français", mais le débat sur l'alourdissement de la taxation des plus hauts revenus continue de faire des vagues... Une taxe "choquante"... Quant aux signataires de la tribune "Taxez nous", ils se font désormais discrets pour la plupart... Parmi les rares à s'être exprimés récemment, Stéphane Richard, le PDG de France Télécom, a confié qu'il ne trouvait pas la taxe "choquante" si elle était provisoire, mais a indiqué au journal 'Le Monde' que "si j'osais, je dirais que le résultat (de la pétition "taxez nous") est allé au-delà de nos espérances !"... Il s'est aussi inquiété de l'accumulation prévue des mesures d'alourdissement de la fiscalité des Français plus aisés : hausse de l'ISF, alignement prévu de la taxation des revenus des capitaux sur ceux du travail, baisse ou suppression des abattements sur les dividendes... ... voire insoutenable" Pour sa part Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres sur Internet Meetic, rejoint le diagnostic de Jean-Paul Agon. Il estime que "contrairement à l'appel que j'ai signé, la taxe de 75% n'est pas calculée dans des proportions raisonnables. Elle peut avoir des effets économiques indésirables et accélérer la fuite de talents utiles à la France". Plus indulgent, Xavier Huillard, le PDG de Vinci, non signataire de la pétition, a déclaré récemment qu'il n'était pas hostile à la taxe de 75% "du moment qu'elle reste provisoire" (sans doute deux ans). En revanche, Henri de Castries, le PDG d'Axa a confié récemment au 'Financial Times' son inquiétude concernant les projets fiscaux du gouvernement socialiste. La France "court le risque de devenir si inamicale pour les entreprises ("business unfriendly") que cela deviendra insoutenable", a-t-il déploré...