Finances : les contradictions au sein de la Fed troublent les marchés

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Finances : les contradictions au sein de la Fed troublent les marchés
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Les membres du comité émettent des avis divergents concernant la réduction ou non du programme de soutien...

Les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) sortent du silence un par un, après la décision surprise de la Fed, le 18 septembre, de ne pas réduire son programme de soutien massif aux marchés financiers. Au fil des déclarations, les désaccords sont palpables au sein du FOMC au sujet du rythme de retrait des injections mensuelles de 85 milliards de dollars (dont 45 milliards de dollars d'obligations d'Etat et 40 Mds$ de créances hypothécaires) par la banque centrale américaine. Fisher plaide pour une réduction du programme de soutien Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas, a ainsi déclaré hier soir que pour sa part, il avait défendu une réduction immédiate de 10 Mds$ du programme d'assouplissement quantitatif "QE3". Selon M. Fisher, le "QE" portant sur les bons du Trésor n'a pas aidé à renforcer le marché du travail. Il admet en revanche que les achats d'actifs adossés à des créances hypothécaires (MBS), ont contribué à maintenir les taux immobiliers très bas, soutenant la reprise de ce secteur-clé. Dudley pour le statut quo Mais un autre membre de la Fed a pris le contrepied : William Dudley, président de la Fed de New York et vice-président du FOMC a indiqué qu'il avait défendu le statu quo de la Fed, estimant que la reprise de l'économie américaine n'est pas encore assez solide pour retirer des liquidités du marché. Pour lui, il faudra encore "un moment considérable" avant de revenir à un taux de chômage de 6,5%, l'objectif de la Fed. Un 3ème membre de la Fed, Dennis Lockhart (Fed d'Atlanta), qui n'a pas de droit de vote cette année au FOMC, a emboîté le pas à M. Dudley en estimant que la banque centrale devait se concentrer en priorité sur la relance du dynamisme économique des Etats-Unis. Il a jugé qu'il restait "du chemin à faire" avant que la Fed ait atteint ses objectifs pour le marché du travail et a souligné que la productivité a reculé récemment, de même que le rythme de créations d'emplois mensuelles. Ce mardi, Sandra Pianalto, présidente de la Fed de Cleveland, doit aussi donner une conférence de presse. Elle s'est jusqu'ici  montrée plutôt réservée sur l'efficacité de l'assouplissement quantitatif, soulignant les risques en termes d'inflation et de distorsions sur les marchés. Prudence sur les marchés Ces opinions divergentes contribuent à rendre les marchés financiers prudents depuis la semaine dernière. Hier soir à Wall Street, l'indice Dow Jones a cédé 0,3% à la clôture, ce qui porte son recul à 1,7% en trois séances. Les marchés mondiaux avaient initialement salué, mercredi dernier, la décision de la Fed de maintenir ses achats d'actifs à leur niveau actuel, mais ils ont corrigé dès le lendemain sur fonds d'incertitudes sur le calendrier de retrait de "QE3" et sur la solidité de la reprise économique aux Etats-Unis. Certains investisseurs continuent de tabler sur un début de retrait de "QE3" dès la prochaine réunion de la Fed en octobre, d'autres pensent que la banque centrale attendra décembre prochain. La majorité des experts estiment que le président de la Fed, Ben Bernanke, entamera le processus de sortie de "QE3" avant la fin de son mandat, le 31 janvier prochain, pour ne pas laisser son successeur cette tâche délicate. Depuis le récent abandon de la candidature de Larry Summers, ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, c'est Janet Yellen, la vice-présidente du conseil des gouverneurs de la Fed, qui apparait comme favorite dans la course pour succéder à Ben Bernanke. Contrairement à M. Summers, Janet Yellen a la réputation d'être une "colombe" en matière de politique monétaire, et devrait procéder très progressivement lorsqu'il s'agira de durcir la politique monétaire de la Fed, estiment les analystes financiers