Finances: la presse soupçonnée de délits d'initiés par la Fed ?

  • A
  • A
Finances: la presse soupçonnée de délits d'initiés par la Fed ?
Partagez sur :

La Banque centrale américaine se demande si les journalistes n'auraient pas transmis les informations relatives au comité de politique monétaire en avance.

Les décisions de la Réserve fédérale américaine parviennent-elle au marché avant leur annonce officielle ? La Fed a en tout cas ouvert une enquête sur le sujet, après avoir repéré des opérations financières suspectes, mercredi dernier, à l'occasion de sa dernière réunion de politique monétaire, écrit le 'Financial Times' du jour. Les journalistes interrogés  Le quotidien financier précise que la banque centrale américaine interroge actuellement les agences de presse et d'information financière, à qui elle a l'habitude de transmettre ses communiqués de politique monétaire 10 minutes avant leur annonce publique, dans une pièce fermée à clé. La Fed veut vérifier si ses règles sont suivies à la lettre, à savoir l'interdiction pour les journalistes présents de transmettre ces informations, même en interne, avant 14H00 pile, heure officielle de leur publication. Décalage des cours En effet, le 18 septembre dernier, les cours de nombreux actifs ont subi de forts décalages dans de gros volumes à New York et Chicago à 14H00 locales, l'heure précise à laquelle la Fed a annoncé à la surprise générale un statu quo sur sa politique d'achat d'actifs.  Or, selon Nanex, un cabinet d'études basé à Chicago, les ordres passés à 14H00 auraient d�" mettre quelques millisecondes (5 à 7, estime Nanex) à être exécutés sur le marché, compte-tenu des contraintes techniques de transmission des données... Leur trop grande ponctualité prouverait ainsi que certains courtiers connaissaient à l'avance le contenu du communiqué de la Fed, et ont placé leurs ordres avant les autres acteurs de marché, en sachant que quelques millisecondes d'avance peuvent se traduire à l'arrivée par de gros gains, compte-tenu des montants en jeu. Mercredi dernier, les marchés d'actions et d'obligations, surpris par la décision de la Fed, ont en effet vivement progressé, et les premiers investisseurs à se placer ont été ceux qui ont dégagé les plus grosses plus-values... Vers des changements de pratiques du côté de la Fed Ces révélations ne manqueront pas de relancer les inquiétudes des experts sur le "trading" à haute fréquence et d'alimenter le débat sur la publication d'information financière privilégiée qu'obtiendraient certains investisseurs. La Fed pourrait être amenée à revoir sa pratique de fournir sous embargo des informations à la presse si ses soupçons se confirment... De son côté, le gouvernement américain fournit lui aussi des donnée sous embargo à la presse, notamment les chiffres de l'emploi, très suivis par les marchés. Mettre fin à ces traditions, censées au départ permettre d'informer tous les acteurs du marché simultanément, poserait cependant d'autres problèmes. En effet, en cas de publication des statistiques à l'heure pile à la presse, le marché pourrait connaître des distorsions liées cette fois aux procédés techniques employés par chaque agence de presse. Ce qui pourrait là aussi résulter en une information distribuée en ordre dispersé aux traders !