Facebook : l'hémorragie se poursuit

  • A
  • A
Facebook : l'hémorragie se poursuit
Partagez sur :

Le titre recule de nouveau pour sa troisième séance de cotation...

Facebook recule encore ce mardi sur le Nasdaq, réduisant toutefois ses pertes en comparaison des deux jours précédents... Le titre est en repli de 3,70% à 32,77 dollars aux alentours de 17h15, heure française. Hier, le titre avait décroché de 11% à Wall Street en clôture pour retomber sur les 34 dollars, contre 45 dollars au plus haut de la journée de vendredi... Alors que l'introduction en Bourse du réseau social était attendue comme le messie, beaucoup s'interroge sur les responsabilités de ce fiasco. Le premier sur le banc des accusés est bien entendu la banque Morgan Stanley, chef de file incontesté de l'opération, chargée de placer, avec 32 autres banques, les titres Facebook auprès des investisseurs... C'est en effet Morgan Stanley qui a décidé, en coordination avec les dirigeants de Facebook, d'augmenter la fourchette de prix de l'action, puis de fixer son prix définitif en haut de fourchette, et aussi d'augmenter le nombre de titres mis en vente (de 12 Mds$ environ à 16 Mds$) quelques jours avant l'introduction ! Ce faisant, la banque d'affaires aurait ignoré l'avis d'autres établissements bancaires, qui craignaient une "indigestion" de la part du marché face à cet afflux de titres, selon des sources citées par l'agence 'Bloomberg'. La banque aurait ainsi surestimé l'enthousiasme des investisseurs, malgré d'assez nombreuses mises en garde récentes d'analystes financiers, qui jugeaient le prix du titre Facebook trop élevé, dans un contexte d'accroissement des investissements et d'incertitudes sur les futures recettes publicitaires du réseau social en ligne. Or, Morgan Stanley, après avoir soutenu à bout de bras le titre lors de la première séance de cotations, s'est retiré hier du marché, provoquant son affaissement brutal... Certains investisseurs ont aujourd'hui le sentiment d'avoir été trompés par les banques introductrices, qui leur ont laissé entendre dans les jours précédant l'IPO, que la demande était "très forte", ce qui les a incités à placer de plus gros ordres d'achat pour être mieux servis initialement. Le deuxième accusé dans cette affaire est l'entreprise de marché Nasdaq : la place boursière a en effet subi une série de problèmes techniques importants qui ont retardé la première cotation du titre Facebook vendredi dernier, provoquant un effet d'entonnoir difficile à résorber par la suite. En troisième lieu, des analystes renvoient la responsabilité de l'échec des débuts en Bourse sur les dirigeants et les actionnaires de la première heure de Facebook, à commencer par son PDG-fondateur Mark Zuckerberg... Ce dernier, qui avait accueilli de manière désinvolte les investisseurs lors du "roadshow", vêtu d'un "hoodie" (sweatshirt à capuche), semble avoir lui aussi surestimé l'appétit des marchés pour Facebook, dont le prix de cession valorise la société environ 100 fois ses bénéfices et 25 fois son chiffre d'affaires annuel ! De plus, Zuckerberg, mais aussi d'autres actionnaires de Facebook, dont Goldman Sachs et les fonds Accel Partners et Digital Sky Technologies, se seraient montrés trop gourmands en augmentant le nombre de leurs titres mis en vente, après le relèvement de la fourchette de prix. Le directeur financier de Facebook, David Ebersman, porterait enfin une responsabilité particulière dans la surestimation la valeur de la société, estiment des sources proches du dossier... Jusqu'à présent, l'introduction en Bourse de Facebook a donc surtout été très rentable pour les actionnaires de la première heure, qui ont pu convertir en cash, au prix d'introduction, tout ou partie de leurs participations. Les banques conseil devraient elles aussi toucher de substantielles commissions sur cette opération géante. Quant à la future vie boursière du titre Facebook, elle dépendra des humeurs du marché et des performances financières du groupe. Au-delà de l'excitation passagère de l'introduction en Bourse, la direction de Facebook se trouve désormais sous une très forte pression pour justifier le prix élevé du titre, condamnée à prouver, trimestre après trimestre, la capacité du groupe à démultiplier ses recettes publicitaires et ses bénéfices.