Evasion fiscale : un ex-banquier détiendrait une liste de politiques français

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Evasion fiscale : un ex-banquier détiendrait une liste de politiques français
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Il s'agirait d'un système "industriel" de fuites et d'évasions...

Après Jérôme Cahuzac, d'autres hommes politiques français seront-ils poursuivis pour évasion fiscale ? C'est en tous cas ce que promet un ancien cadre de la banque Reyl&Cie, l'établissement qui a hébergé le compte de l'ex-ministre du Budget. Pierre Condamin-Gerbier assure détenir une liste de personnalités possédant un compte en Suisse, qu'il s'apprête à dévoiler. Lui et Nicolas Forissier, un autre ex-banquier qui travaillait pour UBS, ont été auditionnés jeudi par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale présenté après l'éclatement de l'affaire Cahuzac. "Ce que M. Condamin-Gerbier nous a dit de manière générale, c'est qu'il avait eu connaissance d'hommes politiques, sans nous citer ni leur appartenance, ni leur sensibilité qui, d'après lui, auraient pratiqué cette évasion fiscale", a déclaré le député PS Yann Galut, rapporteur de ce projet de loi, cité par l'agence Reuters. Pierre Condamin-Gerbier a indiqué qu'il réservait ses déclarations aux autorités judiciaires. S'il n'a pas cité de noms, certains élus ayant des postes importants "au sein de la République" seraient concernés. Menaces écrites "Je n'ai pas fourni de noms de fraudeurs aux enquêteurs pour des raisons de sécurité. Mais mes documents et mes notes sont consignés auprès d'une partie tierce et ils seront dévoilés quand mon environnement sera plus s�"r. Il y a eu des menaces écrites et orales sur mon intégrité physique ainsi que celle de ma famille", avait déclaré le banquier mercredi, auditionné cette fois par le Sénat, et cité par 'Challenges'. Selon le député Yann Galut, les deux anciens banquiers ont évoqué un système "industriel" de "fuites et d'évasions fiscales", l'un d'eux parlant de "pillage de notre épargne par la Suisse". L'affaire concernerait plusieurs milliards d'euros par an. "Ils ont été extrêmement précis tous les deux dans les méthodes qui sont mises en place pour qu'une certaine clientèle soit à la fois prospectée en France, soit approchée en France et que par des intermédiaires ou des pratiques totalement illégales des comptes puissent être ouverts en Suisse", a poursuivi le député socialiste.