Europe-Russie, le match que tout le monde peut perdre

  • A
  • A
Europe-Russie, le match que tout le monde peut perdre
Partagez sur :

L'Europe et la Russie dans une spirale "perdant-perdant". Le vieux continent souffrira davantage que les Etats-Unis des sanctions russes...

Sale temps pour les marchés actions. A l'heure où la croissance américaine accélère et où les exportations chinoises se redressent, la géopolitique vient changer la donne. Les investisseurs n'aiment pas les événements qu'ils sont incapables de contrôler et cela se voit au niveau des indices. A Paris, le CAC40 perd désormais plus de 4% sur ses cours du 1er janvier. Le DAX allemand se contracte de plus de 6% et le Nikkei japonais de plus de 9%. Même le vénérable Dow Jones est en territoire négatif en 2014 : -1%. Jusqu'au mois de juillet, les places financières n'avaient accordé qu'une importance limitée aux tensions régnant dans certaines parties du globe. La crise ukrainienne inquiétait, mais sans plus, et l'intervention israélienne à Gaza, malgré la controverse qu'elle suscite, n'avait pas fait dérailler les indices. Le pétrole lui-même n'a que mollement réagi, même si la situation s'est rapidement dégradée en Libye et en Irak. Adieu veau, vache, cochon, couvée Le vernis a donc fini par craquer. L'escalade verbale entre les principales économies occidentales et la Russie sur la crise ukrainienne a laissé place à une surenchère de sanctions économiques. Acculé par communauté internationale, le Kremlin a dégainé une batterie d'interdictions d'importation pour frapper les entreprises nord-américaines, européennes et australiennes au portefeuille. Les fruits, légumes, viandes, poissons, lait et produits laitiers seront bannis pour un an. Le vin et les produits pour bébés échappent pour l'heure aux sanctions. Pour une économie dont la reprise est fragile comme celle de la zone euro, les conséquences de l'embargo inquiètent. Les marchés boursiers en pâtissent, d'autant qu'au coeur de la période estivale les volumes sont plus limités et favorisent la volatilité. Les analystes s'emploient à déterminer les conséquences de la décision russe sur les entreprises présentes dans le pays... et redoutent une contre-attaque, notamment de la Commission européenne. Ils s'accordent sur un point : une guerre commerciale entre l'Europe et la Russie n'arrangerait les affaires de personne. Preuve que la géopolitique est revenue au centre du jeu, la décision cette nuit du président américain Barack Obama d'autoriser des frappes aériennes en Irak, pour contrer l'avancée des djihadistes, a fait remonter les cours du baril et reculer ceux du dollar. Il y a quelques semaines encore, les mêmes causes n'auraient pas forcément eu les mêmes conséquences.