Europe : Juncker annoncé à la Commission, au grand dam de Cameron

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Europe : Juncker annoncé à la Commission, au grand dam de Cameron
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Les dirigeants européens se retrouvent ce soir à Ypres pour un sommet européen de 24 heures. Entre autre sujets d'envergure (Ukraine, relance économique, immigration...), ils devraient aussi désigner avant demain soir le nouveau président de la Commission européenne, qui succédera à José Manuel Barroso. Un mois après l'élection européenne du 25 mai, marquée par une poussée des votes contestataires et eurosceptiques, c'est le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker qui devrait, sauf coup de théâtre, accéder à ce poste. Un vote à la majorité qualifié, une première pour désigner le président de la Commission Cependant, pour la toute première fois depuis la création de l'UE, le président de la Commission ne pourra pas être désigné à l'unanimité par les chefs d'Etat et de gouvernement, en raison de l'opposition farouche du Premier ministre britannique David Cameron. Seul contre tous, M. Cameron bataille contre l'ancien président de l'Eurogroupe (qui réunit les ministres européens des Finances) en le jugeant beaucoup trop fédéraliste à son go�"t et incapable de réformer l'Europe. M. Cameron apparaît cependant isolé à quelques heures du début du sommet, et sa seule victoire risque d'être celle d'avoir imposé pour la première fois un vote à la majorité qualifiée pour désigner le patron la Commission, plutôt que la traditionnelle unanimité. S'il ne déchaîne pas les passions en sa faveur, Jean-Claude Juncker apparaît comme la personnalité la plus consensuelle au sein de l'Union européenne, sa candidature a été validée successivement par le Parlement européen, puis approuvée par la plupart des dirigeants conservateurs et sociaux-démocrates européens, y compris François Hollande et Angela Merkel. Le Suédois Fredrik Reinfeldt et le libéral néerlandais Mark Rutte, que David Cameron avait tenté de convaincre, ont finalement annoncé hier qu'ils voteraient pour Jean-Claude Juncker. Seul le nationaliste hongrois Viktor Orban laisse encore planer le doute et pourrait s'abstenir in fine, selon des sources proches des discussions. Le spectre d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne Au-delà de la désignation du nouveau président de la Commission européenne, les 28 dirigeants doivent aussi se mettre d'accord d'ici à demain soir sur les priorités politiques que devra traiter la prochaine Commission. Ces choix seront d'autant plus importants que la Grande-Bretagne menace de quitter l'Union européenne si des réformes profondes ne sont pas menées. David Cameron, qui a subi une défaite cuisante aux européennes face aux eurosceptiques de l'Ukip, arrivés en tête du scrutin, s'est engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE en 2017. Or, malgré les particularismes affichés de la Grande-Bretagne, il n'est pas dans l'intérêt de l'Union européenne de voir un de ses grands membres la quitter, selon la grande majorité des experts.