Europe : accord sur la supervision bancaire

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Europe : accord sur la supervision bancaire
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La BCE supervisera directement les banques dont les actifs sont supérieurs à 30 milliards d'euros...

Nouvelle étape pour l'union bancaire européenne... A la veille d'un sommet européen à Bruxelles, les ministres des Finances des 27 sont parvenus tard hier soir à un compromis sur la mise en place d'un superviseur bancaire commun, piloté par la BCE. Prévu initialement pour démarrer courant 2013, ce superviseur sera finalement fonctionnel au 1er mars 2014. Gros dossiers au menu La supervision intégrée "sera opérationnelle à cette date-là, avec une certaine flexibilité", a indiqué hier soir le commissaire européen au Marché intérieur et aux services financiers, Michel Barnier, à l'issue de 14 heures de négociations... La mise en place au sein de la BCE d'un superviseur bancaire commun est la première étape vers une union bancaire européenne, qui devra notamment mettre en place un système permettant de gérer en commun d'éventuelles faillites bancaires en cas de nouvelle crise financière. Avec cet accord, les 27 ont réglé un des gros dossiers au menu du sommet des chefs d'Etat qui se tient aujourd'hui et demain à Bruxelles. Il sera sans doute encore plus compliqué pour eux de s'entendre sur les autres sujets prévus : l'union budgétaire et la coordination des politiques économiques via les "contrats de réformes". Paris et Berlin divisés Comme lors des précédents sommets depuis l'élection de François Hollande à la présidence française, la France et l'Allemagne arriveront à cette réunion divisés, sans avoir élaboré de position commune comme c'était le cas par le passé. Berlin a critiqué ces derniers jours les propositions du président de l'UE, Herman Van Rompuy, visant à renforcer l'union économique et monétaire, en les estimant trop proches de la vision française... L'Allemagne s'oppose notamment à la création d'un "fonds européen d'absorption des chocs" permanent, soutenu par Paris, et qui serait financé par les pays membres pour protéger l'Europe des chocs extérieurs. Pour l'Allemagne, le renforcement de l'Union économique et monétaire passe en priorité par un renforcement de la compétitivité de l'UE face aux chocs externes, et non par l'instauration de systèmes d'assurances coûteux face à ces chocs. Paris et Berlin divergent aussi dans leur diagnostic sur la crise de la dette en Europe, la chancelière Angela Merkel ayant estimé lundi "qu'elle n'était pas encore surmontée", alors que François Hollande avait jugé un peu plus tôt que le pire de crise était désormais "derrière nous".