Euro : Angela Merkel accepterait de renforcer le pare-feu de l'Europe

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Euro : Angela Merkel accepterait de renforcer le pare-feu de l'Europe
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Elle serait prête à un compromis, qui permettrait de verser les fonds non utilisés du FESF au crédit du MES...

Alors que les tensions se font de nouveau sentir sur le Vieux continent en particulier à cause du cas espagnol, l'Allemagne serait prête à appuyer le projet européen de renforcer les pare-feux financiers de la zone Euro... Selon l'hebdomadaire allemand 'Der Spiegel' paru ce matin, la chancelière allemande, forte d'une victoire électorale, ce week-end dans le Land de la Sarre, pourrait ainsi accepter l'augmentation de la force de frappe du futur MES (Mécanisme européen de stabilité, initialement prévu à 500 MdsE) pour enrayer le risque de contagion de la crise de la dette à d'autres pays européens... La chancelière et son ministre des Finances Wolfgang Shäuble auraient tous les deux abandonné leur opposition de principe à l'utilisation du FESF (Fonds européen de stabilité financière, doté de 440 milliards d'euros) pour renforcer le MES. Ils seraient donc désormais ouvert à un compromis, qui permettrait de verser les fonds non utilisés du FESF (environ 200 MdsE, après les aides à l'Irlande, le Portugal et la Grèce) au crédit du MES, dont la puissance de feu serait ainsi portée de 500 MdsE à environ 700 MdsE. Cet assouplissement de la position allemande (déjà évoqué début mars par la presse), intervient à quelques jours d'une importante réunion des ministres des Finances européens, prévue à partir de vendredi à Copenhague au Danemark, actuel siège de la présidence tournante de l'Union Européenne. Les ministres doivent y étudier la mise en route opérationnelle du MES, prévue progressivement dès cette année, et les moyens de démultiplier ses moyens financiers, afin de rassurer les marchés sur la capacité de l'Union à éteindre définitivement la crise de l'Euro... Celle-ci menace en effet de renaître de ses cendres, quelques semaines à peine après le règlement in extremis de la crise grecque, et l'octroi à Athènes d'une nouvelle aide de 130 MdsE. La semaine dernière, ce sont les taux espagnols et italiens qui se sont tendus, sur fond de dérapage de l'endettement de l'Espagne, qui a admis qu'elle ne sera pas en mesure, cette année, de tenir ses engagements en matière de désendettement. Les taux à 10 ans espagnols ont ainsi grimpé de 19 points de base (centièmes de point) à 5,39%, tandis que les taux italiens ont franchi une nouvelle fois les 5%, à 5,06%, en hausse de 20 points de base sur la semaine. Une situation qui a conduit Mario Monti, le président du Conseil italien, à mettre en garde ce week-end contre un risque de contagion de la crise, en estimant qu'"il ne faut pas grand-chose pour recréer la peur de la contagion" sur les marchés financiers...