Et si l'Allemagne lâche la Grèce ?

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Et si l'Allemagne lâche la Grèce ?
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Depuis quelques jours, la possibilité d'une faillite de la Grèce n'est plus un tabou...

Depuis quelques jours, l'hypothèse d'une défaillance de la Grèce sur sa dette n'est plus taboue !... Une hypothèse qui fait trembler le secteur bancaire, qui pourrait subir une nouvelle crise systémique en cas de contagion à d'autres pays, comme l'Italie. Vendredi et samedi, la réunion du G7 Finances à Marseille n'a en effet pas permis d'avancer sur le dossier, même si les banques centrales se sont engagées à renflouer les banques si nécessaire... Nombreux sont ceux qui voient en l'Allemagne le premier pays européen susceptible de "lâcher" la Grèce, si ce pays ne met pas oeuvre plus efficacement les mesures nécessaires au redressement de ses finances... Ainsi, dans un entretien à 'Die Welt' publié ce matin, le ministre de l'économie allemand, Philipp Rösler, n'exclut plus une faillite de la Grèce pour sauver l'Euro : "Pour stabiliser l'Euro, il ne doit plus y avoir à court terme d'interdiction de penser à certaines options. Parmi elles, il y a, en cas d'urgence, l'insolvabilité ordonnée de la Grèce, si on a à disposition les instruments nécessaires", a ainsi estimé le ministre. Beaucoup d'observateurs craignent toutefois qu'un tel scénario, loin de sauver l'Euro, n'aggrave la crise, menaçant les banques et la survie de la monnaie unique. De leur côté, des responsables de la coalition d'Angela Merkel, cités ce matin par l'agence 'Bloomberg', affirment ainsi que Berlin étudie concrètement le scénario de la défaillance d'Athènes et envisage, s'il se produisait, de soutenir financièrement les banques allemandes. Vendredi déjà, la démission de l'Allemand Jürgen Stark, chef économiste de la BCE, avait mis en lumière l'ampleur des désaccords entre Européens sur le dossier grec. M. Stark s'opposait au programme de rachat par la BCE d'obligations d'Etat en difficulté (dont la Grèce, mais aussi le Portugal, l'Italie et l'Irlande). Cette position reflète largement celle de l'opinion publique allemande et d'une bonne partie de la classe politique de la première économie européenne, qui refuse de renflouer les "canards boiteux" de l'Union européenne s'ils ne s'engagent pas plus fermement à réduire leurs déficits. Dimanche, dans l'urgence, le Premier ministre grec Georges Papandreou a réagi à cette nouvelle tempête en annonçant des mesures d'austérité afin de satisfaire ses créanciers. Parmi les principales mesures, la création d'une taxe spéciale sur la propriété immobilière et une baisse des salaires des élus grecs, ce qui devrait rapporter 2 Milliards d'Euros supplémentaires dans les caisses d'Athènes. La semaine sera par ailleurs cruciale pour la Grèce, avec le retour prévu des envoyés de la troïka (Commission européenne, BCE et FMI) à Athènes pour éplucher les comptes et évaluer la capacité du pays à honorer ses engagements