EADS/ BAE Systems : vers un délai supplémentaire pour négocier l'alliance ?

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EADS/ BAE Systems : vers un délai supplémentaire pour négocier l'alliance ?
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Les deux groupes seraient en passe de demander un peu plus de temps aux autorités boursières pour finaliser leurs discussions...

Les obstacles politiques freinent le projet de fusion entre EADS et BAE Systems... Au point que les deux groupes s'apprêteraient à demander aux autorités boursières britanniques de leur accorder un délai supplémentaire pour boucler leur projet, et convaincre les dirigeants politiques du bien-fondé de cette opération. Depuis la révélation par la presse, le 12 septembre dernier, des discussions entre EADS et BAE, le gendarme de la Bourse britannique a déclenché un compte-à-rebours qui exige actuellement des deux groupes qu'ils confirment ou renoncent à leur projet au plus tard le 10 octobre prochain. Un délai qui s'avère donc un peu court, compte-tenu des enjeux politiques et stratégiques d'un tel rapprochement, qui créerait le leader mondial de l'aéronautique et de la défense devant l'américain Boeing. Ainsi, ce matin, la presse fait état d'une accumulation de difficultés politiques : selon le 'Handelsblatt' allemand, le projet se heurterait notamment à la volonté de la France de conserver sa part au capital d'EADS, qui se situe actuellement à 22,5% du capital, dont 7,5% pour le groupe privé Lagardère, et 15% pour l'Etat français (une part qui tomberait à 9% pour l'Etat après fusion). De son côté, le 'Financial Times' affirme que BAE Systems serait prêt à jeter l'éponge si le rapprochement menaçait de remettre en cause ses importants contrats avec le Pentagone... Pour obtenir l'accord de Washington à leur fusion, EADS et BAE Systems auraient promis d'isoler totalement leur filiale américaine, dont la direction serait confiée à des Américains et à un seul Britannique, mais ne compterait aucun dirigeant français ou allemand en son sein, affirmait encore hier le 'Sunday Times'. D'autres sources avaient aussi évoqué la semaine dernière des réticences de la part de l'Allemagne, qui elle aussi, voudrait conserver son influence actuelle sur EADS, dont 22,5% du capital est détenu par des intérêts privés (Daimler) et publics allemands. La promesse d'accorder à Londres, Paris et Berlin une "golden share" dans le nouvel ensemble EADS-BAE, ne suffit pas pour l'instant à rassurer la France et l'Allemagne, d'autant que la Commission européenne pourrait s'opposer in fine à ce dispositif de protection. Signe de l'embarras de la classe politique, la rencontre franco-allemande de samedi entre Angela Merkel et François Hollande n'a pas permis de faire avancer le dossier. La chancelière allemande a ainsi indiqué lors de la conférence de presse commune qu'"aucune décision n'a été prise aujourd'hui" et que les deux pays continueraient "d'examiner de façon très soigneuse les tenants et aboutissants de ce projet en concertation avec les entreprises"... De son côté, François Hollande a confirmé l'existence d'une "concertation étroite" entre la France et l'Allemagne sur le sujet...