EADS / BAE, le casse-tête de la collaboration entre Etats

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EADS / BAE, le casse-tête de la collaboration entre Etats
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Allemagne, Royaume-Uni et France ont leur mot à dire dans cet immense chantier...

EADS s'efforce de convaincre les Etats d'approuver son projet de fusion avec le britannique BAE Systems. Le groupe aéronautique européen serait ainsi prêt à offrir des garanties, notamment en accordant un droit de véto aux gouvernements allemand, français et britannique sur la montée de tout nouvel actionnaire au-delà de 15% du capital du futur ensemble, affirme ainsi le 'Financial Times Deutschland' dans son édition du jour. Par ailleurs, les sièges au conseil d'administration et au comité d'entreprise du groupe seraient majoritairement réservés à des citoyens européens. Vis-à-vis de l'Allemagne, où les réticences au projet seraient les plus importantes, EADS aurait aussi garanti le maintien outre-Rhin de nombreux postes et de certains sites industriels clés. Officiellement, les trois gouvernements européens concernés par cette méga-fusion sont restés prudents sur le sujet. Berlin s'est borné à indiquer qu'il "examin(ait) le projet de fusion des deux entreprises", alors que la presse allemande a évoqué des craintes concernant une perte d'influence de Berlin sur le groupe d'aéronautique et de défense. L'Allemagne craindrait d'une part que sa participation soit diluée dans le capital du futur ensemble, et d'autre part, Berlin pense que la Commission de Bruxelles pourrait refuser d'entériner le projet de "golden share" prévu par EADS et BAE. En France, le ministre français de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a reconnu hier que le projet posait des questions "substantielles", auxquelles les autorités françaises réfléchissaient. "C'est au vu des réponses que nous trouverons que nous prendrons notre décision", a-t-il dit lors de l'émission 'Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI'. Rappelons qu'actuellement, les actionnaires français et allemands (publics ou privés) possèdent chacun 22,5% dans le capital d'EADS, un équilibre délicat qu'ils sont réticents à abandonner sans garanties fortes sur leur rôle dans le futur ensemble. Le nouveau groupe, s'il voit le jour, sera le numéro un mondial de l'aéronautique et de la défense, devant l'américain Boeing. Il disposerait notamment de gros contrats de défense avec le Pentagone, signés par BAE Systems, à condition que le gouvernement américain obtienne lui aussi de solides garanties en matière de sécurité nationale dans le cadre du mariage prévu.