Dexia : la Cour des comptes épingle les anciens dirigeants

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Dexia : la Cour des comptes épingle les anciens dirigeants
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Les Sages épinglent "une recherche tardive et incomplète des responsabilités" dans le naufrage de la banque franco-belge...

6,6 milliards d'euros... C'est la somme qu'aura co�"té aux contribuables français la débâcle de la banque Dexia. Un rapport de la Cour des comptes publié jeudi montre que cette facture est partagée entre un co�"t net de 2,7 milliards d'euros pour l'Etat et 3,9 milliards d'Euros pour la CDC, y compris le fonds d'épargne. S'y ajoute la persistance d'un risque futur, puisque Dexia est géré en extinction et reste un établissement fragile, dépendant de l'évolution des taux d'intérêts pour son financement. Et pour couronner le tout, le risque lié aux emprunts dits toxiques négociés par la banque avec des collectivités territoriales, est toujours présent. Dans ce naufrage financier, les Sages épinglent "une recherche tardive et incomplète des responsabilités". Ils rappellent que les deux principaux dirigeants de la banque, Pierre Richard, président du conseil d'administration, et Axel Miller, administrateur délégué, ont quitté leur poste. Pourtant, leur mise en cause n'a été recherchée ni par les nouveaux dirigeants nommés en 2008, ni par les actionnaires, ni par les �?tats. "Les anciens dirigeants ont certes été évincés, mais ils ont pu conserver le bénéfice d'avantages financiers substantiels, parmi lesquels, pour les dirigeants français, des dispositifs contestables de retraites chapeaux", souligne la Cour dans son rapport. "Prise de risque inconsidérée" Le Conseil rappelle par exemple que les pouvoirs publics français se sont opposés au versement d'une indemnité de départ de 3,7 millions d'euros pour l'administrateur délégué, résultant des termes de son contrat. Il s'est finalement vu accorder une indemnité de 825.000 euros, équivalant à une année de salaire fixe. Les Sages préconisent donc de "renforcer les dispositifs de sanctions pénale et pécuniaire, tant pour les dirigeants que pour les membres des conseils d'administration d'institutions financières, pour les cas de prise de risque inconsidérée ayant entraîné des pertes". Autre recommandation : utiliser, avant l'échéance de la prescription en 2014, toutes les options pour remettre en cause le dispositif des retraites supplémentaires versées aux anciens cadres dirigeants de Dexia. Six des dirigeants ont en effet pu bénéficier de retraites chapeaux, alors que quatre d'entre eux étaient issus de la fonction publique.