Déficits : l'Europe "dans les clous", la France en retard...

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Déficits : l'Europe "dans les clous", la France en retard...
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L'Union européenne est parvenue à ramener son déficit à 3% du PIB l'an dernier...

La France promet un retour de son déficit public à 3% du PIB pour 2015. Un calendrier qui met Paris en queue de peloton, avec deux ans de retard sur la  zone euro, dont les déficits cumulés sont d'ores et déjà revenus sous cette barre en 2013 ! Les chiffres publiés par Eurostat, l'institut européen des statistiques, montrent que la zone euro (18 pays) a ramené son déficit de 3,7% à la fin 2012 à 3% à la fin 2013. Les 28 pays de l'Union européenne ont affiché de leur côté un déficit cumulé de 3,3% l'an dernier contre 3,9% en 2012. La France dérape Quant à la France, elle a vu son déficit déraper par rapport à ses prévisions à 4,3% (-0,6 point par rapport à 2012 tout de même), et vise 3,8% cette année puis 3% pour la fin 2015. Mais ces objectifs dépendront de l'accélération de la croissance française, qui se montre pour l'instant moins dynamique dans l'hexagone que chez ses voisins européens. Ainsi, l'indice PMI d'activité globale a continué de se redresser en avril en Europe, a indiqué hier Markit Economics. En France, l'activité a également progressé, mais à un rythme plus lent que dans le reste de l'Europe. "A moins d'un redressement notable de la confiance, la conjoncture économique française devrait rester fragile au cours des prochains mois", a estimé l'institut. Dans son programme de stabilité adopté hier, le gouvernement français table sur une hausse du PIB de 1% cette année (après +0,3% en 2013), puis de 1,7% en 2015, et de 2,25% en 2016 et 2017. L'an dernier, les meilleurs élèves de l'Union européenne en matière de déficits ont été le Luxembourg (avec un excédent de 0,1%), l'Allemagne (à l'équilibre), l'Estonie (-0,2%), le Danemark (-0,8%), la Lettonie (-1,0%) et la Suède (-1,1%). En bas de l'échelle, dix Etats membres de l'UE sur 28 ont affiché un déficit supérieur à 3% du PIB : la Slovénie (-14,7%), la Grèce (-12,7%), l'Irlande (-7,2%), l'Espagne (-7,1%), le Royaume-Uni (-5,8%), Chypre (-5,4%), la Croatie et le Portugal (-4,9% chacun), la France et la Pologne (-4,3% chacune). Recul des dépenses publiques en Europe Dans la zone euro, les dépenses publiques ont marqué le pas, représentant 49,8% du PIB, en légère baisse de 0,1 point par rapport à fin 2012, tandis que les recettes publiques ont atteint 46,8% du PIB (+0,6 point). En France, les dépenses publiques ont poursuivi leur progression l'an dernier pour atteindre 57,1% du PIB (+0,4 point) et les recettes ont elles aussi augmenté, mais moins que prévu en raison de la faible croissance, atteignant 52,8% (en hausse de 1 point). Manque de maîtrise de la dette publique Alors que des efforts ont été réalisés sur les déficits publics (dépenses des administrations publiques moins leurs ressources), la dette publique, qui recense le stock des dettes des administrations publiques (Etat, collectivités locales, sécurité sociale...), est en revanche encore loin d'être maitrisée en Europe. Dans la zone euro, le ratio de la dette publique par rapport au PIB a augmenté, passant de 90,7% à la fin 2012 à 92,6% à la fin 2013, tandis que dans l'UE, il est passé de 85,2% à 87,1%. Quant à la France, elle se situe une fois encore parmi les mauvais élèves de la classe, avec une dette publique de 93,5% à la fin 2013 contre 90,6% fin 2012. La plupart des économistes estiment qu'une dette publique supérieure à 60% du PIB (le seuil maximum fixé par le traité de Maastricht) représente un frein à la croissance d'un pays, en raison du poids sur ses finances du remboursement de cette dette, et des risques courus en cas de hausse des taux d'intérêts sur les marchés financiers.