Débrayage aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire

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Débrayage aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire
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Entre 500 et 600 ouvriers ont stoppé le travail une heure mercredi pour protester contre un "accord de compétitivité" négocié par la direction...

Mobilisation sur les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. Entre 500 et 600 ouvriers ont débrayé une heure mercredi pour protester contre un "accord de compétitivité" négocié par la direction pour remporter une commande de la société italienne MSC Croisières, d'après l'agence Reuters. Cette commande porterait pour 2,4 milliards d'euros sur deux paquebots géants, avec une option pour deux navires supplémentaires. Problème : elle se heurterait à un problème de prix, selon Erminio Eschena, directeur général de MSC Croisières, cité dans un entretien au 'Figaro' daté de mardi. "L'accord de compétitivité négocié avec les syndicats porte sur une modification du co�"t du travail pour gagner 5% de compétitivité", a dit à Reuters un porte-parole de la direction. Il a précisé que le devis présenté par STX France pour la commande de MSC était de 30 millions d'euros supérieur à ce que souhaitait le croisiériste italien. Deux des principaux concurrents de Saint-Nazaire, les chantiers italiens Fincantieri et allemands Meyerwerft, auraient fait des offres plus intéressantes pour les deux paquebots. Mais les syndicats CGT et Force ouvrière ont dénoncé le "chantage à la commande" de la direction, qui souhaiterait allonger le temps de travail sans accorder de rémunération supplémentaire. Dernière commande en décembre 2012 "La direction voudrait qu'on accepte de travailler gratuitement, ce qui est une régression sociale. Il y a déjà beaucoup de chômage, les salariés ont déjà fait beaucoup d'efforts et ne veulent pas être la variable d'ajustement", a déclaré à Reuters Jo�"l Cadoret, délégué CGT. Selon la déléguée FO Nathalie Durand-Prinborgne, la direction souhaiterait augmenter le temps de travail de "20 minutes par jour sans aucune compensation". Ce conflit intervient dans un contexte difficile pour les chantiers STX France, détenus à 66,6% par STX Europe, filiale à 100% du groupe coréen STX Business, et à 33,3% par l'Etat français. STX envisage de se désengager en raison de ses difficultés financières et, selon Nathalie Durand-Prinborgne, les Coréens mettraient la pression sur la direction pour obtenir les commandes de MSC dans la perspective d'une future vente, plus avantageuse, de STX Europe. La dernière commande d'un paquebot de croisière remonte à décembre 2012, avec la construction d'Oasis, nouveau monstre des mers, pour l'armateur américain Royal Caribbean Cruises.