Dassault Aviation croit aux chances du Rafale au Canada

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Dassault Aviation croit aux chances du Rafale au Canada
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Le PDG du groupe estime qu'il y a "un coup à jouer"...

Dassault entend se lancer dans la conquête de l'Amérique ! Le groupe français d'aéronautique et de défense va ainsi envoyer des informations sur le Rafale au gouvernement canadien, a annoncé son nouveau patron, Eric Trappier. Dans un entretien au 'Echos' du jour, le dirigeant, qui prend ses fonctions de PDG aujourd'hui en remplacement de Charles Edelstenne, estime qu'"il y a un coup à jouer. Le Canada est potentiellement le premier pays qui pourrait remettre en cause le F-35. Nous ne pouvons pas ne pas l'accompagner", assure-t-il. Le Rafale, alternative au F-35 ? Tout en restant prudent, M. Trappier se dit persuadé qu'"il y a un vrai problème politique par rapport au prix" du F-35, et que le Rafale constitue "une des meilleures alternatives". Il ajoute que ses équipes suivent le dossier depuis plusieurs mois et préparent des partenariats avec des entreprises locales... Rappelons que pour l'instant, le Rafale a du mal à s'exporter, même s'il a décroché une grosse commande de 126 appareils en Inde, dont le contrat définitif pourrait être signé dans les prochaines semaines... Au Canada, Ottawa a commandé en 2010 65 appareils F-35 à l'américain Lockheed Martin pour remplacer ses 78 CF-18 vieillissants de Boeing, mais s'est ensuite retrouvé sous le feu des critiques sur le prix du programme... Sous la pression, le gouvernement a demandé un audit à KPMG, dont les conclusions, rendues le 12 décembre, sont sans appel : ainsi, l'achat et la maintenance des F-35 coûteraient aux contribuables 46 Mds$ canadiens sur quarante-deux ans, au lieu des 16 Mds$ affichés en 2010 par le gouvernement ! Renseignements sur les appareils concurrents A la suite cet audit, Ottawa a demandé des informations sur leurs appareils à tous les concurrents du groupe américain : Boeing, Saab ainsi qu'EADS et donc Dassault. On ignore pour l'instant les véritables intentions du Canada, qui pourrait se contenter d'utiliser ces données pour faire pression sur Lockheed pour qu'il baisse ses prix... Mais Ottawa pourrait aussi décider de changer de fournisseur, et de lancer un appel d'offres international, rompant avec sa tradition de procédures de 'gré à gré'. En tout état de cause, le processus décisionnel risque d'être long, et un succès éventuel de Dassault (ou d'un autre fournisseur européen) serait une véritable révolution dans une zone contrôlée historiquement par les avionneurs américains...