Croissance : l'inquiétude monte en France

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Croissance : l'inquiétude monte en France
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L'économie peine à repartir, alors que le gouvernement vise un PIB à +1% cette année. Les chiffres du deuxième trimestre publiés jeudi par l'INSEE seront scrutés de près...

La tension monte à deux jours de la publication par l'INSEE, des chiffres de la croissance française pour le deuxième trimestre 2014. Après un PIB nul enregistré sur la période janvier-mars, le consensus d'économistes anticipe une expansion limitée à seulement 0,1% sur avril-juin. Pour le troisième trimestre, la Banque de France a indiqué vendredi qu'elle anticipait une hausse du PIB de 0,2%. La prévision de Bercy en danger Or, pour l'ensemble de l'année 2014, le gouvernement vise une croissance de 1%. Les données actuelles ne laissent donc rien présager de bon. Jusqu'ici l'exécutif n'a pas souhaité réviser ses perspectives, malgré les mises en garde début juin du Haut Conseil des finances publiques. Les "aléas baissiers" s'étant nettement accrus, il estime que la prévision de Bercy est trop élevée. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) qui a révisé ses projections en juillet dernier, table sur un PIB à 0,7%. Mauvaises nouvelles en septembre ? Le gouvernement devrait sans nul doute revoir ses objectifs prochainement. Le 4 ao�"t dernier, le Premier ministre Manuel Valls a reconnu que "la rentrée se fera dans une conjoncture difficile". "Il ne faut rien cacher, le ministre des Finances fera le point à la mi-ao�"t sur la situation économique". Selon 'Le Canard Enchaîné' daté de mercredi dernier, Michel Sapin n'aurait pas caché son pessimisme. "Si l'on est au-dessus de 0,5% de croissance à la fin de l'année, ce sera déjà bien", aurait-il déclaré lors d'un séminaire organisé avant le départ en vacances des ministres. Et "0,5% de croissance, c'est certes mieux que ce que l'on a connu, mais moins bien que ce que l'on pouvait espérer", aurait ajouté le ministre des Finances. Objectif déficit manqué ? Dans ce cas, la France ne tiendra pas ses objectifs de réduction de déficit (3,8% de PIB fin 2014, après 4,3% fin 2013), malgré son plan de 50 milliards d'euros d'économies sur trois ans. Elle pourrait donc demander à la Commission européenne de se montrer indulgente. "S'il devait se passer un ralentissement de l'économie, ce qui n'est pas impossible, nous utiliserions à ce moment-là les marges de flexibilité (prévu par le pacte de stabilité et de croissance européen)", a récemment déclaré François Hollande. Le pacte prévoit, si la croissance se détériore de manière imprévue, que des �?tats membres dont le déficit public dépasse 3% du PIB puissent bénéficier d'un délai supplémentaire pour le combler, à condition d'avoir consenti les efforts structurels nécessaires.