Crise financière : 10 banques allemandes dégradées par Moody's

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Crise financière : 10 banques allemandes dégradées par Moody's
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L'agence de notation Moody's a dégradé d'un à trois crans la note de dix établissements régionaux

En Allemagne, les banques n'échappent pas à la crise... Hier soir, l'agence de notation Moody's a dégradé d'un à trois crans la note de dix banques publiques régionales allemandes dont LBBW et BayernLB. Ces Landesbanken, détenues par les Etats régionaux et par les caisses d'épargne, sont considérées depuis longtemps par les analystes comme le gros point faible du secteur financier allemand. Les dégradations de Moody's ne sont pas techniquement liées à la crise de la dette de la zone Euro, mais à un durcissement de réglementation en Allemagne et à Bruxelles, qui rend plus difficile tout versement d'aide d'Etat en cas de difficulté, précise l'agence... Deux établissements régionaux seulement échappent à la sanction : LBB dont la note été maintenue à A1, tandis que celle de WestLB a été placée sous surveillance. Ces rétrogradations interviennent alors que les rumeurs d'un "credit crunch" grandissent en Europe sur fond de tension sur les taux des emprunts d'Etat. L'agence de notation Fitch a mis en garde hier les banques américaines contre leur exposition à leurs homologues européennes, faisant plonger les cours de Bourse des banques à Wall Street mercredi soir. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a semé le trouble hier en déclarant que le niveau de dette publique de l'Allemagne était lui aussi "préoccupant", soulignant qu'il était supérieur à celui de l'Espagne. Rapporté au PIB, la dette allemande devrait ainsi représenter 83% du PIB à fin 2011 contre 67,4% pour l'Espagne. Un niveau tout à fait gérable jusqu'à présent pour Berlin, dans la mesure où l'Allemagne affiche une croissance économique supérieure à la moyenne européenne (0,5% au 3ème trimestre contre 0,2% pour la zone Euro) et qu'elle se refinance à des taux très bas sur les marchés (1,8% à 10 ans environ contre 6,4% pour l'Espagne). Mais face à l'ampleur des plans de rigueur mis en place en Europe, la croissance économique donne de sérieux signes de faiblesse pour le 4ème trimestre, y compris en Allemagne... Quant aux taux d'intérêt, ils pourraient se tendre encore en cas de nouvelle crise du crédit bancaire européen, un mouvement de défiance qui n'épargnerait sans doute aucun pays, y compris l'Allemagne.