Bruxelles "regrette" le vote de la Suisse en faveur des quotas d'immigration

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Bruxelles "regrette" le vote de la Suisse en faveur des quotas d'immigration
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Il s'agit d'une "mauvaise nouvelle à la fois pour l'Europe et pour les Suisses puisque la Suisse refermée sur elle-même, ça va la pénaliser", estime Laurent Fabius...

La Suisse a voté dimanche par référendum, à 50,3%, contre "l'immigration de masse", et pour le rétablissements de quotas, y compris en provenance de l'Union européenne. Depuis l'ouverture de ses frontières en 2002, la pays accueille chaque année 80.000 nouveaux arrivants. La proposition avait été lancée par l'Union démocratique du Centre (UDC), qui est majoritaire au Parlement, mais elle était vigoureusement dénoncée par les milieux d'affaires et les entreprises, toujours en quête d'une main d'oeuvre hautement qualifiée. Ce résultat oblige le gouvernement à transformer cette initiative en loi dans un délai de trois ans. Dès dimanche, la Commission européenne a indiqué "regretter" l'issue de ce vote. "Ceci va à l'encontre du principe de libre circulation des personnes entre l'Union européenne et la Suisse. L'Union examinera les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse. Dans ce contexte, la position du Conseil Fédéral sur le résultat sera aussi prise en compte", écrit Bruxelles dans un communiqué. "Il va falloir renégocier" Pour le ministre des Affaires étrangères français, ce vote est une "mauvaise nouvelle à la fois pour l'Europe et pour les Suisses puisque la Suisse refermée sur elle-même, ça va la pénaliser". "C'est paradoxal puisque la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l'UE et vit très largement de l'UE", a déclaré Laurent Fabius lundi sur RTL. La Suisse est certes en bonne santé économique mais, seule, elle "ne représente pas une puissance économique considérable", a par ailleurs estimé Laurent Fabius. "Concrètement, il y a des accords depuis 1999 qui portent notamment sur la libre circulation des travailleurs et sur beaucoup d'autres éléments. Il y a une clause dite de guillotine qui fait que si l'un des éléments est remis en cause, en l'occurrence la libre circulation des travailleurs, tout tombe, indique-t-il. Donc il va falloir renégocier", a-t-il affirmé.