Bruxelles autorise la réintroduction des farines animales pour nourrir les poissons

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Bruxelles autorise la réintroduction des farines animales pour nourrir les poissons
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Elles ne sont pas autorisées pour les "ruminants"

Plus de dix ans après le scandale de la "vache folle", la Commission européenne a de nouveau autorisé jeudi, l'utilisation de farines de porcs et de volailles pour nourrir les poissons. Ce mode d'alimentation était interdit depuis 2001. "Cela pourrait être un substitut précieux à la farine de poisson, qui est une ressource rare", selon Bruxelles. La maladie de la vache folle quasiment éradiquée "La situation de l'encéphalopathie spongiforme bovine  épidémiologique (appelée maladie de la "vache folle", ndlr) actuelle montre que l'Union Européenne est en passe de l'éradiquer totalement de son cheptel bovin", souligne l'organe exécutif dans un communiqué. Il précise que les derniers avis scientifiques indiquent que le risque de transmission de l'ESB entre animaux non ruminants est "négligeable" à condition que le "recyclage intra-espèce" (nourrir des poissons d'élevage avec des PAT issues de poissons d'élevage) soit évité. La Commission souhaite étendre cette autorisation à l'alimentation des volailles et des porcs mais ne compte pas la réintroduire pour les ruminants. Dans un avis adopté le 1er décembre 2011, le Conseil national de l'Alimentation partageait ce dernier avis.  Le moment est "mal choisi" En plein scandale sur la présence de viande de cheval dans des plats préparés à base de boeuf, le ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, a jugé ce vendredi matin, que le moment n'était pas opportun pour donner cette autorisation. "Ca tombe mal, franchement", a-t-il dit au micro de 'France Info'. "La France s'était prononcée contre cette disposition européenne. Nous vérifierons avec les industriels de la pêche en France comment nous pouvons appliquer cette directive dans un esprit de responsabilité", a ajouté le ministre.  En 2011, le CNA suggérait en effet que "la décision à venir devra s'inscrire dans un contexte spécifique, où l'acceptabilité sociétale aura peut-être un poids déterminant par rapport aux éléments factuels, scientifiques et techniques". Sur ce point, en pleine crise de confiance, pas sûr que le moment soit bien choisi...